Sorti ce mercredi, le film aborde le sujet toujours polémique de l'exploitation des gaz de schiste par la technique de fracturation hydraulique.

Ce week-end de printemps ne s'annonce pas forcément printanier, si l'on en croit la météo. Pourquoi alors ne pas en profiter pour aller au cinéma ? Pour y voir quel film ? "No gazaran" par exemple, de Doris Buttignol et Carole Menduni, qui revient sur l'interdiction en France (pour combien de temps encore ?) de la technique de fracturation hydraulique pour extraire le gaz de schiste.

Le procédé est connu : injecter à de fortes pressions de grandes quantités d'eau mélangées à des produits chimiques pour capter les gaz piégés dans la roche souterraine. Puis récupérer cette eau chimique, et la séparer des gaz piégés. Le problème, c'est qu'il est impossible de récupérer toute l'eau injectée. Les produits chimiques se répandent dans les sols jusqu'à atteindre les nappes phréatiques, et polluent irrémédiablement de vastes territoires. C'est justement pour éviter cela que des milliers de personnes se sont mobilisées à Villeneuve de Berg (Ardèche) en 2011, pour montrer que des opposants au gaz de schiste existent, menés par des leaders charismatiques (José Bové et Michèle Rivasi pour ne citer qu'eux), et qu'ils sont prêts à faire acte de désobéissance civile si les lobbys énergétiques et nos dirigeants politiques venaient à décider de sacrifier leurs terres sur l'autel de la ré-industrialisation du pays.

De la campagne ardéchoise au Parlement Européen en passant par les alcôves des ministères, le combat pour empêcher l'exploitation du gaz de schiste sur le sol français est mené sur tous les terrains et suivi de près par les deux réalisatrices. Et quel meilleur titre que "No gazaran", détournement de "No pasarán" ("Ils ne passeront pas"), immortel slogan libertaire et révolutionnaire des Républicains espagnols opposés au général Franco au milieu des années 30, pour symboliser cette autre lutte ?

Un choix que vous ne regretterez pas, assurément.