Dans la capitale turque, de nouveaux distributeurs échangent des déchets contre des titres de transports.

Si vous habitez une grande métropole et que vous êtes abonné au réseau métropolitain, vous avez sûrement déjà vécu cette scène : chaque 1er du mois, des dizaines (voire des centaines) de personnes font la queue devant les guichets de la régie locale des transports pour recharger leurs pass de voyageurs pour le mois à venir. Et si ces files d'attente étaient encore plus interminables ? Si, au lieu de simplement entrer un code de carte bancaire, chaque usager restait de loooongues minutes face au guichet pour regagner ses droits d'utilisation du réseau de transport en commun ?

Ce sera peut-être bientôt le cas à Istanbul : les décideurs de la cité turque ont en effet décidé d'ajouter de nouveaux automates dans le métro de la ville, qui distribuent des crédits de transport en échange d'objets à recycler. Parce qu'à Istanbul, le recyclage n'est pas (encore) entré dans les mœurs. Et à l'échelle du pays, bien que troisième producteur européen en volume de déchets ménagers, la Turquie se classe bonne dernière des recycleurs. Toutes les initiatives sont donc bonnes à prendre pour aider les locaux à adopter les bonnes pratiques.

25 machines ont donc été installées dans le métro stambouliote et peuvent récupérer bouteilles en plastique et canettes en aluminium, et créditer en échange les IstanbulKart (équivalent du pass Navigo) des usagers. Chaque déchet, avant d'être envoyé dans une filière de traitement dédiée, se voit accorder une valeur : pour vous donner une idée, une trentaine de bouteilles en plastique d'un demi-litre rapporteront l'équivalent d'un ticket standard à l'usager-recycleur. La ville d'Istanbul entend bien étendre ces automates à l'ensemble de la ville, et annonce déjà une centaine d'entre eux déployés dans les stations de métro et les universités du coin.

Il en faudra quand même sans doute plus que cela pour recycler les millions de mètres cubes de déchets produits chaque année par les 15 millions d'habitants de la métropole euro-asiatique.

Photo : Twitter Isbak