L'aéroport de Nice teste en ce moment un bus électrique à autonomie illimitée, et devrait le rendre accessible au public début 2015.

Si les qualités environnementales des véhicules électriques ne semblent pas être remises en cause par les clients potentiels, l'autonomie desdits véhicules constitue en revanche un véritable frein à l'achat. Une étude Ipsos réalisée pour l'Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere) et le groupe Mobivia - Norauto en septembre 2014 (les résultats complets accessibles en infographie ici) vient d'ailleurs le confirmer : pour 64% des personnes interrogées, l'autonomie restreinte offerte par les moteurs est le premier des obstacles évoqués.

Et si ce manque d'autonomie supposé était en passe d'être rangé au rayon des mauvais souvenirs ? C'est en tout cas ce que PVI (Power Vehicule Innovation), un industriel français, est en train de concrétiser à Nice. En effet, parmi les navettes reliant les deux terminaux de l'aéroport de la ville azuréenne, se sont glissés des véhicules électriques à autonomie illimitée.

La solution de charge envisagée est différente du classique retour au dépôt pour une recharge complète : chaque arrêt est transformé en station de recharge. Un bras télescopique situé au-dessus de l'abri bus s'allonge lorsque le bus est à l'arrêt, entre en contact avec la borne de chargement située sur le toit du véhicule, et lui délivre durant une dizaine de secondes une charge électrique capable de lui faire rejoindre le prochain arrêt. Où la même opération se répètera, et ainsi de suite. Il faut un peu moins de 30 secondes au bras télescopique pour s'allonger, délivrer la charge, et se replier, soit le temps d'arrêt moyen d'une navette d'aéroport. Si pour l'instant les navettes circulent sans passagers, ces derniers ne seront en aucun cas importunés ou ralentis quand, en janvier 2015, ils auront accès au système.

Notons par ailleurs que les bus concernés sont équipés d'un pack de batteries qui leur offre une autonomie de 30 kilomètres, suffisante pour manquer quelques arrêts et rallier le dépôt, le soir venu. Quant à la durée de vie de la technologie embarquée, elle serait d'une quinzaine d'années, équivalente à celle d'un bus diesel classique.

Pour les transports en commun, l'autonomie de la technologie électrique ne devrait bientôt plus poser de problème : reste à trouver une solution satisfaisante pour les voitures individuelles qui, si elles permettent un usage sans contrainte en ville, empêchent encore de s'autoriser des trajets dépassant les 250 kilomètres.

Photo : Cercamon/Flickr/CC