Après le chalutage en eaux profondes, Bloom s’attaque à la pêche électrique avec une BD maligne qui parlera au plus grand nombre.

Vous vous souvenez peut-être de la collaboration en 2013 entre l’association Bloom et la dessinatrice Pénélope Bagieu. Une bande dessinée engagée partagée des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux pour alerter sur la pratique du chalutage profond par certains pêcheurs. La pression de l’opinion publique aura fait effet puisqu’en 2016, la Commission Européenne a sérieusement réduit les territoires autorisés pour le chalutage en eaux profondes (sans toutefois l’interdire totalement, il ne faut pas pousser non plus). Cette fois-ci, Bloom a fait confiance à Capucine Dupuy (textes) et à Terreur Graphique (dessins) pour mettre en page sa nouvelle lutte visant à dénoncer la pêche électrique.

Imaginée par les Hollandais dans les années 90, celle-ci consiste à équiper les filets traînés par les bateaux de pêche d’électrodes, qui envoient des impulsions électriques dirigées vers les fonds marins. Les poissons pris au piège se retrouvent paralysés, remontent à la surface et se font piéger par les filets. Le problème de cette méthode, c’est que ses rendements sont bien trop élevés pour assurer aux espèces visées une chance de survie à moyen terme. Quant aux prises, Bloom dénonce « des brûlures, des ecchymoses et des déformations du squelettes consécutives à l’électrocution » et une véritable hécatombe chez les larves, oeufs et autres juvénils. Les pêcheurs traditionnels ont, eux, constaté une forte baisse dans leurs prises de soles, principale espèce visée par les bateaux adeptes de la pêche électrique. Enfin, le problème des prises accessoires, et donc inutiles, reste le même que pour les autres méthodes de pêche intensive.

Evidemment, les sociétés de pêche hollandaises visées par ses attaques se défendent : les prises accessoires diminueraient de moitié grâce à leur méthode, méthode qui en plus serait « durable ». « Durable » ? Oui, d’après eux, grâce à leurs rendements bien supérieurs, ils utiliseraient deux fois moins de carburants que les pêcheurs français par exemple. Moins de carburant, donc moins d’émission de CO2, donc « durable ». Vous ne l’avez pas ? Nous non plus.

Pour revenir à la BD dont il est question aujourd’hui, elle met en lumière non seulement les méfaits de cette méthode ubuesque, mais aussi l’action des puissants lobbys de la pêche auprès des instances européennes qui explique le laisser-faire actuel.

A lire de toute urgence pour tenter, nous aussi, d’influencer les pouvoirs publics !

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Photo : Bloom