Un entrepreneur indien imagine un système de captation et de transformation du CO2 en encre.

Souvenez-vous, en 2018, l’association HOP (Halte à obsolescence programmée) attaquait Epson au motif (entre autres, mais il s’agit du plus marquant) que les imprimantes du fabricant refusaient l’impression de documents parce que les cartouches d’encre seraient vides, alors qu’elles pouvaient être encore pleines à 40%. La plainte avait fait grand bruit, puisqu’il s’agissait à l’époque de la première du genre en France pour délit d’obsolescence programmée.

Et si Epson utilisait des matériaux mieux sourcés pour ses consommables, les méthodes employées par l’entreprise auraient peut-être moins choquée l’opinion publique. Des cartouches recyclables par exemple, ou qu’il est possible de remplir dans des magasins où l’encre est vendue en vrac, pour éviter de venir alimenter la masse de déchets en tous genres produits chaque jour par l’humanité. Ou alors de l’encre produite à partir… des gaz d’échappement des voitures.

La proposition peut sembler farfelue mais, pourtant, elle est 100% réelle puisqu’en Inde, une start-up a développé un dispositif qui permet ce miracle. Il suffit pour cela de placer, sur le pot d’échappement, l’invention d’Anirudh Sharma, qui ressemble à s’y méprendre à un silencieux d’arme à feu. A l’intérieur, des filtres captent et fixent les particules de carbone émises par la combustion du carburant et qui, d’ordinaire, sont rejetées dans l’atmosphère.

Récupérées sous forme de poudre extrêmement fine, ces particules sont purifiées puis mélangées à des solvants pour, au final, produire une encre (noire, évidemment) qui, dans l’idéal, pourrait être utilisée par des millions de particuliers qui, en imprimant leur déclaration d’impôt ou leurs meilleures recettes de cuisine, contribueraient à dépolluer l’air que nous respirons. 45 minutes de fonctionnement d’un moteur diesel classique permettent de récolter suffisamment de carbone pour produire 30 mL d’encre Air-Ink, le nom donné au produit final par la société indienne Graviky Labs.

Ladite société a pour l’instant choisi de concentrer ses efforts de publicité en direction des peintres, dessinateurs, grapheurs ou street artists : l’encre, d’un noir profond, semble faire leur bonheur si l’on en croit la qualité des productions diffusées par Air-Ink sur les réseaux sociaux. Et si nous installions tous demain, sur nos pots d’échappement, l’invention d’Anirudh Sharma pour fabriquer nous-mêmes notre propre encre ?

Photo : Capture d'écran YouTube