Moins de gaz, moins polluants : les aérosols de demain arrivent.

Depuis 1987, les bombes aérosols ne sont plus les mêmes. Cette année-là au Québec, la Communauté Economique Européenne fait partie des signataires du Protocole de Montréal, qui a pour objectif d'interdire à terme l'utilisation des CFC. Ces CFC, ou "cholorofluorocarbonates", étaient jusqu'alors utilisés comme gaz propulseurs dans les bombes aérosols domestiques. Mais des études dans les années 80 ont démontré que ces gaz étaient en grande partie responsables de la destruction de la couche d'ozone tandis qu'ils contribuaient largement à l'effet de serre. D'où leur interdiction globale.

Seulement, depuis la fin des années 80 et le remplacement des CFC par des gaz inoffensifs, les bombes aérosols sont restées les mêmes : de forme ronde et allongée (la meilleure forme pour contenir des gaz sous pression), et toujours en métal. Jetées dans la nature, leur dégradation peut prendre jusqu'à 200 ans et polluer durablement les sols. Contre cela, une société a imaginé la bombe aérosol de demain : GreenSpense. Tout le concept tient dans le dispositif de propulsion que les concepteurs résument ainsi : "Le produit est expulsé du contenant de la même façon qu'un joueur de cornemuse comprime son instrument pour envoyer l'air dans les tuyaux".

GreenSpense, c'est donc une membrane souple qu'un dispositif actionne par une simple pression du doigt, comme sur un aérosol classique, compresse pour diffuser le produit souhaité. Dans ce système, il n'y a pas de gaz sous pression. Et comme une bouteille ronde, allongée, et métallique est ce qu'il se fait de mieux pour contenir ces gaz sous pression, GreenSpense peut alors imaginer toutes sortes de formes d'aérosols, dans toutes les matières qu'il désire. L'entreprise se prend déjà à rêver de bombes aérosols carrées ou octogonales, biodégradables en carton recyclé ou en bio-plastique, vendues partout sur la planète.

La version définitive de leur trouvaille devrait être présentée d'ici la fin de l'année. Quant à une commercialisation, nous n'en sommes pas encore là, même si la société confie avoir déjà reçu quelques marques d'intérêt, notamment de PepsiCo…