Un ancien de la NASA a imaginé une armée de drones capables de planter un milliard d'arbres par an.

Depuis trop longtemps maintenant, nous sommes entrés dans l’ère de la déforestation industrielle. Pour lutter contre ce désastre écologique mondial, pourquoi ne pas viser grand et imaginer des procédés de reforestation eux aussi à l’échelle industrielle ? C’est le but que s’est fixée Bio Carbon Engineering.

La société est partie de deux constats pour le moins inquiétants. Le premier, c’est l’échelle de la déforestation mondiale : 26 milliards d’arbres coupés chaque année, pour laisser place nette aux activités humaines. Le second, c’est la difficulté des méthodes de reforestation : planter, à la main, de jeunes pousses d’arbres ne compensera jamais le rythme des abattages. Pour remédier à ces deux problèmes à moindres frais, Bio Carbon Engineering (BCE) s’est alors tournée vers les appareils à la mode en ce moment, à savoir les drones. Ces petits appareils qui ressemblent à des hélicoptères télécommandés équipés de quatre hélices (à la différence qu’ils sont bien plus silencieux que les répliques de modélisme et qu’ils offrent une très grande liberté de mouvements), disponibles dans le commerce pour quelques centaines d’euros seulement, permettent à leur pilote un accès rapide et immédiat à de grandes étendues. Et donc, à de grandes étendues à reboiser.

Pour mener à bien sa mission, Lauren Fletcher, ancien de la NASA chez BCE qui se dédie aujourd’hui à la reforestation, a imaginé un schéma simple. Dans un premier temps, des drones équipés de matériel de cartographie établissent un plan précis des zones à reboiser, même les plus difficiles d’accès, puis un logiciel établit un « plan de plantation » qui définit quelles espèces sont à planter, et où. Dans un second temps, des drones équipés de canons à air comprimé, et dans lesquels un plan de vol prédéfini a été enregistré, sont chargés de petites boules biodégradables (un drone peut en transporter 300) au coeur desquelles se trouveront deux graines d’arbre déjà germées et des nutriments nécessaires à leur croissance. Chaque drone sera capable, en survolant le sol à deux mètres de hauteur, de disséminer une de ces boules toutes les dix secondes.

En réduisant les coûts de la plantation de façon spectaculaire et en permettant une cadence de travail très soutenue, une cinquantaine de ces drones pourraient permettre de planter un milliard d’arbres chaque année. Rien que ça. Les premiers prototypes devraient être testés l’été prochain…

Photo : Lee/Flickr/CC