A Saint-Lô dans la Manche, la municipalité met à disposition des vélos à hydrogène 100% non-polluants à l’usage.

Et si le vélo électrique et les vélos en libre-service (type Vélib') étaient déjà dépassés ? C'est le parti pris de la municipalité de Saint-Lô qui met à disposition de certains de ses administrés, et pour la première fois en France, des vélos à hydrogène. Et cocorico, c'est à Pragma Industries, une société basée à Biarritz, que nous devons cette innovation. La PME basque a imaginé un vélo possédant un réservoir à hydrogène et qui, grâce à sa propre pile à combustible embarquée, peut transformer le gaz en électricité sans émettre la moindre particule de gaz à effet de serre.

Ces vélos, d'une allure et d'un poids (25 kilos) équivalent à certains de leurs homologues électriques classiques, offrent toutefois une autonomie bien plus grande, pouvant aller jusqu'à 100 kilomètres à une vitesse maximale de 25 km/h. Une motorisation écologique et une autonomie renforcée, ce sont d'ailleurs là deux des points forts que l'on retrouve également pour les voitures à hydrogène. De même, la rapidité du plein, comparé aux modèles électriques, pourrait servir d'argument massue : quand 3h sont nécessaires pour recharger une batterie classique, il faut moins de deux minutes pour faire le plein d'hydrogène de son vélo.

Mais la question qui se pose, c'est justement "Où faire son plein d'hydrogène ?". Car nous l'avons dit et redit dans ces pages, si la technologie est pour le moins séduisante, le manque cruel d'infrastructures de recharge sur le territoire constitue un frein certain à son développement. Heureusement, Saint-Lô a été dès 2015 la première ville de France à installer une station de recharge à hydrogène, pour alimenter les 5 véhicules équipés de cette technologie achetés par la collectivité.

Pour l'instant, seules 8 bicyclettes sont mises en circulation : 4 pour les salariés de l'hôpital Mémorial, et 4 pour ceux d'une entreprise locale, pour leurs trajets domicile-travail et leurs déplacements professionnels. Il faut dire que le prix d'une seule de ces machines à de quoi refroidir les plus téméraires (7500€, une somme que Pragma Industries espère bien pouvoir ramener à 3500€ d'ici 2020).

Dès le mois d'avril prochain, dix nouveaux vélos rejoindront la flotte pour un usage touristique (payant), et un service identique ira conquérir Cherbourg, pour faire de la Manche un département définitivement pionnier dans le domaine des déplacements propres.

Photo : Profil LinkedIn de Pragma Industries