Plastic Odyssey, un catamaran de 25 mètres, entend recycler le plastique des océans pour fabriquer son propre carburant. Une initiative française qui fait plaisir.

Souvenons-nous de la trilogie « Retour vers le futur », véritable mythe cinématographique des années 80/90 : le Doc Emmett Brown, lors d’une fameuse séquence, revenait d’un voyage temporel et, pour recharger sa voiture à voyager dans le temps, vidait le contenu d’une poubelle dans son réservoir. A l’époque complètement farfelue, cette idée a depuis fait son chemin et devrait se concrétiser dans les deux années à venir, à la différence près que nous parlons là d’un bateau propulsé aux déchets.

Simon Bernard, un de nos compatriotes âgé de 26 ans, s’est en effet lancé le défi fou de partir 3 ans autour du monde à bord de Plastic Odyssey, un catamaran de 25 mètres uniquement propulsé au plastique. Car malgré son jeune âge, Simon a déjà pas mal bourlingué et, comme toutes celles et tous ceux ayant un peu voyagé, a pris conscience de l’ampleur de la pollution plastique sur les océans et les littoraux du monde entier. Pour démontrer que, bien que très avancé, le phénomène n’est pas irréversible, il a entrepris de reprendre une technologie industrielle connue (la pyrolyse du plastique), de la miniaturiser, et de l’embarquer sur son catamaran.

Son idée est d’obtenir une unité de recyclage du plastique qui tiendrait dans un conteneur standard : en la nourrissant quotidiennement d’une tonne de rebuts, la machine sera capable de produire jusqu’à 1000 litres de carburant, dont une partie sera réutilisée pour son propre fonctionnement. Cette machine permettrait alors de s’affranchir du besoin d’extraire le carburant des entrailles de la Terre (et de s’éviter des drames du type Deepwater Horizon) tout en aidant à réduire le volume de nos déchets non-recyclables.

Via une expédition de 40 000 milles nautiques et 33 grandes étapes (principalement en Afrique de l’Ouest, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud), Simon et ses associés entendent promouvoir leur technologie et ainsi aider des populations du Sud pour qui la pollution plastique prend des proportions démentielles.

Dans un entretien accordé à Paris Match, notre explorateur explique vouloir en finir avec la pollution « en tissant un réseau mondial de micro–entreprises du recyclage qui traitent le plastique. Comme les abeilles ! C’est pourquoi nos technologies doivent être de taille réduite, libres de tout brevet, réparables facilement, et enfin low tech : robustes, simples, sans capteurs inutiles, faciles d’utilisation. Mais surtout elles donnent de la valeur à tous les déchets. Or, s’ils ont une valeur, ils ne seront plus laissés à l’abandon ».

Avec 300 millions de tonnes de plastique dans les océans, et une masse déchets flottants qui dépassera en 2050 celle de tous les poissons du globe, il y a urgence à agir. Pour suivre l’aventure Plastic Odyssey, rendez-vous sur plasticodyssey.org !

Photos : USFWS/Flickr/CC et www.plasticodyssey.org