En récupérant du plastique qui dérive dans les océans, Ecover proposera bientôt des emballages écologiques pour ses produits verts.

L'année 2014 devrait voir arriver dans les rayons de nos supermarchés le produit vert ultime : Ecover, la marque de détergents écologiques, entend en effet lancer son nouvel emballage à base de plastique marin recyclé. Une initiative qui mérite que l'on s'y attarde. Si la marque est devenue depuis le rachat de l'américain Method le numéro 1 mondial des produits d'entretien non-polluants, elle n'a pas pour autant cessé d'innover. Elle s'est ainsi associée au projet "Waste free oceans", lancé par des industriels du plastique et soutenu par l'Union Européenne et des ONG, et qui vise à nettoyer les océans des déchets plastique qui les étouffent.

Les premiers acteurs de ce projet sont les "pêcheurs de déchets", de véritables bateaux de pêche équipés de filets anti-pollution, qui écument l'embouchure des fleuves ou la bande côtière, là où les déchets plastiques sont les plus facilement repérables. Au-delà de cette bande, et a fortiori au large, la dégradation des déchets est trop avancée, ils sont difficiles à repérer, mais surtout à collecter.

Viennent ensuite les industriels du recyclage qui se chargent de nettoyer les déchets marins (les dessaler, notamment), puis de les transformer en copeaux, et enfin en billes de plastique. Ces billes serviront finalement de matière première à l'usine de plasturgie qui fabriquera les nouvelles bouteilles Ecover.

La collecte et l'exploitation des déchets marins n'en est pour l'instant qu'à ses balbutiements, et l'on peut y déceler quelques failles qui à n'en pas douter seront corrigées dans les années à venir. Parmi elles, le bilan carbone d'une telle opération. En France, seuls 3 ports sont aujourd'hui équipés de bacs de collecte de déchets marins : Le Havre (Seine-Maritime), Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées Atlantiques) et Saint-Mandrier (Var). Une fois rassemblés, les plastiques marins de ces trois points de collecte pour le moins éloignés les uns des autres sont envoyés dans une usine anglaise, proche de Londres, et finiront dans les rayons des magasins français. Si l'opération en cours est un succès, une filière plus courte devrait se développer et résoudre ces problèmes de distances à parcourir.

Néanmoins, Ecover montre la voie aux industriels de tous les secteurs, en rendant possible l'exploitation commerciale des déchets marins, et avec elle la dépollution marine. Le gisement n'est d'ailleurs pas près de se tarir puisque sur les 300 millions de tonnes de plastique produites par an, 10% termineraient leur vie dans les océans. Alors, qui pour imiter Ecover ?