Une ligne de bus bordelaise va se convertir d'ici quelques jours au bioéthanol élaboré à partir de déchets de raisins. Une première en France.

Pomerol, Saint-Emilion, Saint-Julien, Listrac-Médoc, Sauternes, etc... au total, on dénombre dans le vignoble bordelais 57 appellations d'origine contrôlée. Et plus largement, le département de la Gironde consacre 117 000 hectares à la viticulture, qui produisent chaque année de 5 à 6 millions d'hectolitres de différents nectars alcoolisés. Et, comme toute activité industrielle qui se respecte, la fabrication de ces boissons produit des déchets. Après pressurage ou foulage, les viniculteurs obtiennent du moût de raisin à partir duquel ils élaborent leurs vins. De ces procédés, une masse de déchets secs composée de résidus de peau et de pépins est mise de côté : c'est le marc de raisin.

Si les pépins sont réutilisés pour fabriquer de l'huile alimentaire, le devenir de la peau était, lui, plus flou. Du moins jusqu'à cette année 2017 qui verra, grâce à Raisinor, l'utilisation pour la première fois en France d'un biocarburant élaboré à base de peaux de raisin. Grâce à un processus de distillation, les industriels produisent un bio-éthanol, représentant 95% du carburant final, qui est vendu 80 centimes le litre, contre 1,20€ pour le gazole. Le bénéfice environnemental d'un tel procédé est plus qu'intéressant : 85% d'émission de gaz à effet de serre en moins, et pas la moindre particule fine.

Pour une première expérimentation "grandeur nature" sur le sol français, c'est une ligne de bus girondine qui a été choisie, en l'occurrence la ligne 201 qui relie Bordeaux à Blaye qui troquera le diesel contre le bio-éthanol de raisin dès le mois de juin. Avec une production annuelle de 850 000 tonnes de marc de raisin, la filière vinicole française devrait pouvoir être à même de fournir la ligne 201 en bio-éthanol.

En attendant une propagation de ce carburant à plus grande échelle ?

Photo : NigabPressbilder/Flickr/CC