Produire une banane respectant les préceptes du commerce équitable en France, c’est désormais possible, en Guadeloupe et en Martinique.

Ca y est, l’édition 2018 du Salon de l’Agriculture a fermé ses portes et, comme chaque année, une foule compacte s’est pressée dans ses allées : 672 000 visiteurs ont été recensés durant les 8 jours qu’aura duré l’événement à la Porte de Versailles, à Paris.

Que retenir de cette grand messe ? Les passages de représentants politiques qui, le temps d’une visite, s’offrent corps et âme aux représentants de la ruralité (qui a dit « opportunisme » ?) et se souviennent d’une lointaine ascendance paysanne faisant d’eux la personne idéale en qui placer sa confiance ? Plutôt que cette farce communicationnelle, nous retiendrons l’annonce faite par l’Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et de Martinique (UGPBAN) de la création d’un nouveau label de bananes françaises équitables.

L’UGPBAN n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il avait déjà lancé en 2015 le label « Banane française », garantissant l’origine du produit. Cette fois, elle s’est adressée à ses membres les plus modestes, ceux qui produisent moins de 500 tonnes de bananes par an et dont l’exploitation d’étend sur moins de 5 hectares, pour leur proposer de se convertir aux règles du commerce équitable et de suivre un cahier des charges où la réduction drastique de l’impact environnemental de cette culture si particulière (en se passant des produits phytosanitaires autant que possible) est fixée comme objectif principal.

Ceux qui accepteront de jouer le jeu se verront proposer, par l’UGPBAN, un prix d’achat supérieur de 5 centimes par fruit (50 centimes contre 45 pour une banane classique) et, à la fin de l’année, bénéficieront d’une prime annuelle. Il reviendra alors aux agriculteurs «équitables «  de décider, ensemble, à quel objectif allouer cette somme : achat de machines, conversion à l’agriculture raisonnée, etc… Au total, les cultivateurs verront leurs revenus augmenter de 40%. Une bouffée d’air frais bienvenue pour une région ravagée il y a quelques mois par l’ouragan Maria, qui aura tout de même détruit plus de 80% des bananiers guadeloupéens, et 60% des arbres martiniquais.

Pour découvrir ce produit, les consommateurs devront attendre le mois de mai prochain : ils le retrouveront en rayons, par régime de 3, 4, 5 ou 6 fruits, attachés par un ruban vert, et bleu-blanc-rouge barré de la mention « Banane française équitable », dès le mois de mai prochain.

Photo : Page Facebook de la Banane de Guadeloupe et de Martinique