A Boulogne-Billancourt, la Société du Grand Paris et la municipalité vont tester un péage positif et rémunérer les automobilistes qui choisissent de laisser leur voiture au garage.

Dans les grandes métropoles, pour réduire la circulation automobile, les embouteillages, et la pollution inhérente, tout semble avoir déjà été essayé. Circulation alternée, pastille verte, vignette Crit'air, péage urbain, accès restreint des centre-ville aux véhicules les plus anciens, etc... Pourtant, la société du Grand Paris (SGP) tente d'importer des Pays-Bas une solution inhabituelle chez nous : payer les automobilistes qui laissent leur voiture au garage. Explications.

Le Grand Paris, immense projet d'aménagement imaginé en 2008, est entré dans une phase plus concrète de sa réalisation : une boucle de métro (qui comprendra le prolongement de la ligne 14 et la création des lignes 15, 16, 17 et 18) en proche et grande banlieue, qui reliera Paris à sa périphérie et à ses deux aéroports, et desservira 68 nouvelles gares qu'il faudra bien construire. Bref, on parle là d'un chantier titanesque qui, pour certains tronçons, devrait durer au-delà de 2030. Or, dans une métropole déjà congestionnée (26% de bouchons en plus entre 2010 et 2014), les grands travaux risquent de poser encore plus de problèmes. C'est justement dans ces zones de travaux que la SGP envisage de tester sa solution de "péage positif".

C'est la ville de Boulogne-Billancourt et son nouveau quartier du Trapèze, lieu d'accueil de la nouvelle gare dite "du Pont de Sèvre" de la future ligne 15, qui a été choisie. Entre 100 et 150 automobilistes du secteur seront recrutés via leurs entreprises pour participer à l'expérience : un boîtier de géolocalisation sera installé dans leur véhicule pour s'assurer qu'il reste au garage aux heures de pointe. Chaque trajet évité pourra ainsi rapporter 2€ au propriétaire du véhicule. L'objectif de l'opération est de réduire de 6 à 8% le nombre de véhicules dans la zone de chantier.

Et de garder les bonnes habitudes une fois le chantier terminé ? Pourquoi pas, puisqu'aux Pays-Bas, d'après l'entreprise en charge de l'application locale du péage positif, 85% des automobilistes concernés ont réduit leur utilisation de la voiture après la fin de la période de rémunération.

Photo : NelsonMinar/Flickr/CC