Selon les conclusions de la grande étude prospective annuelle de l’Agence internationale de l’énergie
(AIE), la demande mondiale d’énergie augmentera de 37% d’ici à 2040.

Cette augmentation sera très inégalement répartie, avec une stagnation de la demande en Europe et une poursuite de la hausse de la consommation dans les pays en développement : l’Asie hors Japon et Corée, l’Afrique subsaharienne, le Moyen-Orient et l’Amérique latine. Cette tendance s’applique aussi à la consommation de pétrole : l’AIE estime que pour chaque baril non consommé dans l’OCDE, deux barils de plus seront consommés dans les pays émergents. Dans le courant des années 2030, la Chine deviendra le premier consommateur d’or noir, devant les Etats-Unis.

Cette hausse de la consommation, si elle paraît importante, est à relativiser. La croissance de la demande mondiale, actuellement de 2,1%, devrait en fait ralentir fortement pour passer à environ 1% après 2025. Ce ralentissement de la consommation se produira alors même que la croissance démographique restera quant à elle soutenue.

La hausse des prix de l’énergie contiendra celle de la consommation

C’est donc une bonne nouvelle : les décennies à venir nous réservent une croissance moins gourmande en énergie. Cela tient en partie aux changements structurels qui s’opéreront dans l’économie mondiale, à mesure que nous nous orienterons vers moins d’industrie lourde et plus d’industrie légère et de sociétés de services.

Cela dit, le ralentissement de la croissance tiendra surtout à l’importante hausse des prix qui devrait concerner la plupart des matières premières. C’est particulièrement vrai pour le pétrole, pour lequel l’AIE estime que «les prix élevés et les nouvelles politiques ralentissent progressivement le rythme de croissance de la consommation globale, la ramenant à un niveau plateau». Dans le mix mondial, le gaz naturel devrait quant à lui voir sa consommation augmenter de 50% sur la même période de temps, grâce à des prix plus réduits et au fait que sa combustion rejette moins de CO2. Nous nous acheminons vers ce que l’AIE a appelé le « golden age of gas », l’âge d’or du gaz, qui permettrait à cette énergie de s’imposer en parallèle du développement des énergies renouvelables. De fait, le prix du gaz en France a déjà connu une stabilisation après plusieurs années de hausse.

 

Le prix de l’électricité devrait quant à lui augmenter fortement, du fait de l’augmentation du prix du pétrole utilisé dans les centrales thermiques et des besoins en financement des énergies vertes. Un autre facteur conditionnant cette augmentation sera le renforcement des mesures de sécurité des centrales nucléaires, qui a tendance à aggraver la facture de leur maintenance et de leur exploitation.

Tous ces facteurs conduiront à des efforts renouvelés pour la réduction de la consommation. C’est pourquoi la problématique de l’efficacité énergétique prendra à l’avenir toute son importance. En 2040, des véhicules moins gourmands en énergie devraient permettre de couper la demande en pétrole d’un bon quart. Par ailleurs, la consommation d’électricité à des fins de chauffage sera réduite grâce au développement des habitations basse consommation, ayant vocation à réduire les déperditions de chaleur. Des domaines dans lesquels la France se démarque par son volontarisme.