Pour la première fois au monde, Head & Shoulders propose à ses clients un flacon de shampoing composé à 25% de plastique récupéré sur les littoraux et recyclé.

Head and Shoulders, marque de shampoing bien connue, fait une tentative "développement durable" intéressante, que les clients ne manqueront pas de remarquer dans les rayons de leur supermarché favori. La marque, propriété de la tentaculaire multinationale Procter & Gamble, troque en effet ses traditionnels flacons blancs contre une version noire du plus bel effet. Sa particularité ? Etre faite, pour 25% de sa composition, de plastique recyclé.

Pour cela, Head and Shoulders s'est rapprochée d'une centaine d'ONG qui, grâce à la mobilisation de 1500 volontaires, ont collecté 3 tonnes de macro-déchets en plastique sur les plages de France et d'Europe du Nord. Soulignons bien ici la notion de "macro-déchets" : on parle bel et bien de résidus de taille conséquente, généralement ceux abandonnés par les utilisateurs des plages, ou apportés depuis l'intérieur des terres par le vent, pas de lambeaux rejetés par l'océan et trop dégradés pour être exploités. Cette masse de déchets, centralisée, a été triée pour mettre de côté le polyéthylène qui, lui, a ensuite été transformé en petites billes, matières premières du processus de recyclage.

Au total, c'est la moitié du volume collecté qui a pu être réutilisé et réinjecté dans le circuit de production des flacons, désormais composé d'une fine couche de plastique recyclé, piégée entre deux couches de plastique traditionnel, pour assurer solidité et étanchéité au nouveau produit. Mine de rien, ce nouveau packaging aura demandé pas moins de 10 mois de travail aux ingénieurs de Head & Shoulders. 150 000 de ces flacons sont d'ores et déjà mis en rayon dans les magasins Carrefour, partout en France et accessibles à chacun(e) d'entre nous. Si l'effort est louable, certaines voix dissonnantes provenant d'association de protection des océans se font entendre : réfléchir à une diminution drastique du recours à un matériau issu de l'industrie pétrolière serait plutôt la priorité, et cette opération qui représente une goutte d'eau dans l'océan de la pollution, relèverait plutôt du coup marketing.

Chacun se fera son avis, mais rappelons que quelques 150 millions de tonnes de déchets plastiques jonchent les mers du globe, alors chaque opération qui évite à cette masse de grossir, aussi modeste d'ampleur soit-elle, et même si le but recherché tient plus de l'amélioration d'image que de la sauvegarde de la planète, mérite, à nos yeux, d'être mise en avant.

Photo : www.headandshoulders.com