Un étudiant islandais a présenté sa bouteille biodégradable, conçue à base de poudre d’algues. Bientôt dans nos réfrigérateurs ?

Et si un étudiant islandais, en présentant son projet à un concours de design, venait de résoudre une bonne partie du problème de nos déchets plastique ? Vous savez, ceux que l’on fabrique en une fraction de seconde grâce à des dérivés du pétrole, dont on se débarrasse n’importe comment, et qui mettent des décennies à disparaître dans la nature ? Mais si, vous voyez, ceux qui finissent leur périple dans une gyre océanique et qui forment, petit à petit, un véritable continent de plastique…

Sa solution donc, c’est la bouteille 100% biodégradable conçue à partir de matériaux naturels, en l’occurrence de la poudre d’algues. En mélangeant ces extraits de végétaux marins à de l’agar-agar (un produit gélifiant naturel) et à de l’eau dans de savantes proportions, Ari Jonsson, notre étudiant, obtient une pâte à laquelle il peut donner la forme souhaitée. Après avoir été chauffée, disposée dans un moule, et soudainement refroidie, sa mixture est devenue une bouteille. Pleine d’eau, la bouteille maintient sa forme et son étanchéité mais, à peine vidée, elle entame un rapide processus de biodégradation.

Vous l’avez déjà compris, il est pour l’instant impossible de penser à conserver ces bouteilles à base d’algues durant des jours, voire des semaines, comme nous pouvons le faire aujourd’hui avec nos bouteilles en PET. D’une part parce que la décomposition rend les contenants bien vite inutilisables, et d’autre part parce que l’eau contenue dans ces bouteilles biodégradables, si elle y stagne trop longtemps, prend le goût de la poudre d’algues… Néanmoins, il est facile d’imaginer ce procédé révolutionnaire comme une alternative au PET, dans le cas des petites bouteilles de 33cL ou de 50cL par exemple, qui ont vocation à être bues immédiatement et intégralement. L’eau n’aurait pas le temps de s’imprégner du goût de la bouteille, et ces formats sont ceux dont on se débarrasse le plus volontiers et le plus rapidement possible.

Avant d’en arriver là, Ari Jonsson doit cependant améliorer sa formule car, selon ses propres dires, toutes les bouteilles qu’il produit dans son laboratoire ne sont pas parfaites : certaines sont trop fines pour être manipulées, d’autres présentent des micro-fissures et ne sont donc pas étanches, etc… Un grand groupe spécialisé dans l’embouteillage et la distribution des eaux minérales pourrait-il lui donner un coup de main ? Allo ?

Photo : www.dezeen.com