Issus du recyclage, demandant moins d’énergie lors d’une crémation, et moins chers : et si les cercueils en carton devenaient incontournables en France ? 

Lorsque survient la disparition d’un être cher, la question de son devenir se pose immanquablement. Selon ses volontés, deux alternatives s’offrent alors : l’enterrement ou la crémation. Dans les deux cas, un cercueil est absolument indispensable à la cérémonie. Si notre rubrique « la mort écologique » se garnit petit à petit, voici un article qui fera date, puisqu’il valide la naissance, et surtout la croissance, du cercueil écologique… en carton.

Les matériaux « nobles » comme le bois massif (au premier rang desquels le chêne) se voient menacés par le carton, notamment dans le cas d’une crémation. Car en effet, la quantité d’énergie nécessaire pour consumer un cercueil massif est infiniment supérieure à celle qu’il faut pour brûler son équivalent en carton. Des entreprises de pompes funèbres partout en France proposent désormais cette alternative. Et on ne parle pas là d’une boîte en vulgaire carton ondulé comme on pourrait se l’imaginer, mais bel et bien d’un cercueil qui, vu de l’extérieur, ne jure absolument pas avec ses cousins classiques.

Structure alvéolée pour garantir la rigidité, intérieur capitonné pour respecter le corps du défunt : tout a été pensé pour que les proches du disparu ne s’imaginent pas qu’ils sont devant un objet en carton. Fabriqués à partir de fibres de papier recyclé, assemblés à la colle d’amidon de maïs ou de pomme de terre, et parfaitement décorés à l’extérieur, ces cercueils rendent l’illusion parfaite. Si le bilan carbone de leur fabrication et de leur crémation est moindre, il faut aussi souligner que faire ce choix, c’est contribuer, indirectement, à sauver la forêt : d’après Eco-cerc, spécialiste du domaine, il faudrait en effet abattre un chêne pour produire 5 cercueils.

Ces quelques arguments écolos suffiront-ils à inciter plus de Français à choisir le carton plutôt que le bois pour leurs derniers instants sur cette Terre ? Nous l’espérons, mais ne sous-estimons pas non plus l’impact de l’argument économique si un tel virage devait s’effectuer dans nos sociétés : quand, selon les essences choisies, un cercueil en bois s’affiche à partir de 500€, son équivalent en carton peut se dénicher à 200€. En ces temps difficiles pour tout le monde, ce genre d’économie n’est évidemment pas à négliger…

Photo : AndrewA.Shenouda/Flickr/CC