Nouveau quartier général des cultures numériques, l’Île-de-Nantes est l’exemple type de la capacité de la ville à se faire innovante.

Le quartier de la création, en particulier, concentre les talents : 10.000 acteurs et 1.000 emplois forment la Nantes Tech, qui réunit notamment la cantine numérique, un pôle universitaire numérique doté d’un fablab et d’un userlab, une salle immersive etc.

Quelquefois, cette profusion créative de la “Cité des Ducs” se met au service des habitants. C’est le cas lorsqu’elle sert à apporter toujours plus de confort à l’habitat des Nantais.

En 2013, l’INSEE notait la forte croissance démographique des Pays de la Loire, sur la 3ème marche du podium en la matière, derrière la Corse et l’Occitanie. Dans ce contexte, la Loire-Atlantique comptabilise la moitié des gains de population de la région et Nantes Métropole, illustration de ce dynamisme, gagne 5.700 habitants par an.

Des solutions, parfois inédites, se mettent en place pour loger la population nantaise dans une optique durable. En voici quelques exemples.

Les programmes immobiliers lauréats du Grand Prix Pyramides de la FPI

Organisée chaque année par la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI), le Grand Prix Régional Pyramides se destine à faire la promotion de la qualité, de l’innovation et du savoir-faire des constructions de logements neufs.

En 2017, La Direction régionale Bretagne-Pays de la Loire remporte le prix avec le programme Îlink (Adim Ouest, Vinci Construction, Vinci Immobilier, Quartus).

Programme mixte de 20.000 m² (187 logements neufs dont 30% en accession sociale), le projet Îlink a pour ambition de faciliter le lien entre habitants grâce à des espaces communs tels que : crèche, théâtre, espaces culturel et de coworking, gîte urbain etc.

Dans cette résidence, pensée en concertation avec les futurs occupants, des parois évolutives permettent aux ménages d’adapter la taille de leur logement à l’évolution de leurs revenus.

Côté développement durable, le soin apporté à l’enveloppe thermique du bâtiment ainsi que l’utilisation du réseau de chaleur urbain de l’Île de Nantes rendent possible une performance énergétique 30% au-delà la RT 2012 (réglementation thermique).

Dans la même veine, Le programme immobilier Le Clos des Baronnies, du Groupe Launay a, quant à lui, remporté le prix du grand public des Pyramides d’Argent 2017. Situé au coeur du parc des Oblates, l’ensemble de 20 logements est un véritable belvédère sur la Loire. Sur les hauteurs de la butte Saint-Anne, une résidence neuve et un manoir rénové abritent des appartements neufs de 1 à 4 pièces et de deux maisons de 4 pièces.

Particularité du programme, les chaudières individuelles, qui fonctionnent au gaz naturel, peuvent être pilotées via les smartphones et les tablettes des occupants (application “Mon Appart’Connecté”).

Ces projets immobiliers illustrent la nouvelle donne du logement à Nantes. Propos confirmés par le courtier IMMO9, qui commercialise l’ensemble des programmes neufs en région nantaise et qui affirme, avec le soutien du palmarès Explorimmo 2017, que Nantes se situe dans le trio de têtes des villes françaises où il fait bon investir en VEFA.

L’habitat social nantais, vitrine de la qualité environnementale

Avec son projet NEXT (Nantes Excellence Trajectory), la ville de Nantes est le chef de file du plan gouvernemental pour l’industrie du futur. Le 24 février dernier, un jury international a, en effet, consacré le succès de NEXT, projet co-fondé par l’Université de Nantes, l’École Centrale de Nantes, le CHU de Nantes, Oniris, l'École des Mines de Nantes, l’Institut de Cancérologie de l’Ouest, le centre INRA de Nantes, l’INSERM ou encore l’IFSTTAR.

Les politiques innovantes de Nantes Métropole semblent avoir donné des idées au bailleur social Nantes Métropole Habitat (NMH). La Direction de l’Innovation de NMH a collaboré avec une start-up grenobloise, Stimergy, pour élaborer une chaudière numérique.

Dans le nord de Nantes, quartier Albert-Londres, le logement social se fait la vitrine de la qualité environnementale. Le principe, énoncé par Johanna Rolland, maire de la ville, est simple : “Pourquoi vouloir dépenser de l’énergie pour refroidir un serveur informatique alors qu’on peut récupérer sa chaleur et faire des économies ? [...]”.

Malgré son apparente simplicité, l’expérience n’est que la seconde de ce type en France. Pourtant, elle permet de diviser par deux les consommations d’énergie destinées à l’eau chaude sanitaire, tout en limitant l’émission de gaz à effet de serre.

Une maison en bois pour combattre le mal-logement

Wood Stock est une maison de bois qui expérimente la réduction des coûts de construction à l’extrême. À l’initiative du projet, Fabien Le Goff, diplômé de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes, a remporté le concours Mini Maousse 2016 de la Cité de l’architecture et du patrimoine. Cela lui a permis de bénéficier du soutien financier d’AG2R La Mondiale et de la Fondation BTP Plus.

Depuis, sa maison expérimentale a vu le jour sur l’Île de Nantes. Construite par les étudiants de l’École Supérieure du bois, le logement de 45m² est composé de briques de bois, un matériau qui permet un assemblage sans colle ni vis. Montée en deux mois, la maison est transportable à souhait.

Est-ce la maison de demain ? Avec un coût de production de 100.000€, Wood Stock valorise la filière bois tout en répondant aux exigences de développement durable. Ce “lego à échelle humaine”, permet de construire et de déconstruire soi-même son habitation selon une multitude de configurations.

Habitée pendant 18 mois par une famille, le prototype sera ensuite retravaillé dans l’optique de faire diminuer de moitié son coût de production. L’objectif ? Loger toujours plus de familles à moindre frais. L’abbé Pierre avait lancé en 1954, un appel en faveur des “couches-dehors”, qui avait notamment été entendu par l’architecte et designer Jean Prouvé. Sa “maison des jours meilleurs” n’avait pourtant pas dépassé la phase du prototype. Wood Stock prend aujourd’hui le relai selon sillonsolidaire.fr, le média participatif spécialiste du mal-logement en France.

Le Grand Carcouët, logement à énergie positive

Occupé depuis février 2014, le Grand Carcouët est un logement collectif qui favorise la diminution des charges de ses résidents.

Munie d’une pompe à chaleur, de capteurs solaires, d’un système de récupération des calories de la descente des eaux usées et d’une production autonome d’électricité, la résidence produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Le Grand Carcouët a d’ailleurs reçu le prix “bas carbone” de l’entreprise EDF (Enedis).

La production d’énergie grâce aux déchets humains (eaux usées, incinération des rebuts etc) n’est pas moins onéreuse que le gaz. Toutefois, elle a le double mérite d’anticiper l’évolution du coût des énergies fossiles et de “décarboner” le processus.

De plus, le caractère environnemental du projet se retrouve dans la conception du bâtiment, qui se veut bioclimatique : logement traversant, larges ouvertures au sud, surfaces optimisées etc. En surface, une enveloppe textile ajourée et des lattis de bois clair font office de tampons thermiques.

Le programme dépasse de 10% les exigences fixées par le label “bâtiment basse consommation” (BBC) du collectif Effinergie. C’est l’adjonction de panneaux photovoltaïque en toiture qui fait du Grand Carcouët, un véritable BEPOS ou “bâtiment à énergie positive”. Une solution désormais connue du grand public et qui peine pourtant à se démocratiser à l’échelle du logement collectif.

 

Smart Grid, le réseau électrique de demain

L’aspiration de Smart Grid est de passer de la production classique d’électricité française (centrales thermique, nucléaire et hydroélectrique) à une production et une consommation nouvelles (éoliennes et panneaux photovoltaïques, gérés aussi bien par les collectivités que par les particuliers) avec pour point d’orgue, le pilotage à distance des appareils selon les besoins.

À l’heure de la transition énergétique, la Vendée expérimente des solutions de modernisation, pour distribuer l’électricité autrement. Parmi les nouveaux “moyens de gestion de la flexibilité locale”, l’on retrouve le pilotage à distance de la production éolienne ou la modélisation thermique inversée (MTI). Cette dernière permet d’optimiser les périodes où l’on chauffe / climatise en prenant en compte aussi bien les prix de l’énergie que les caractéristique du bâtiment. Le pilotage dynamique des charges (interruption des consommations selon la météo et et l’inertie thermique du bâtiment) s’invite également dans le projet.

Depuis peu, de nouveaux postes sources, capables de réguler l’énergie entrante et sortante, voient le jour dans les Pays de la Loire. Lorsque les 34 postes seront digitalisés, l’on sera passé d’une production nationale à une production locale, au plus près des attentes des consommateurs.

Le réseau Smart Grid devra fournir à la métropole nantaise, la consommation quotidienne de 350 bâtiments publics. Une fois repérés les bâtiments les plus énergivores, des stratégies seront pensées pour réduire les factures des habitants de ces éco-quartiers.