Supprimer les pailles de nos sodas et autres cocktails pour endiguer la pollution maritime : bienvenue dans le monde (vert) de demain.

A Monaco, la guerre est déclarée. Pas contre un autre micro-Etat, non, mais contre la pollution plastique. En 2016, la Principauté interdisait les sacs en plastique à usage unique. La même année, le gouvernement monégasque lançait une campagne nationale, « Un sac pour la vie » et distribuait un sac en coton bio à chaque sujet du Prince Albert II, pour sensibiliser les habitants du Rocher à une alternative durable au plastique. En 2017, ce sont les sacs plastique pour emballer les fruits et légumes qui sont interdits, puis ceux dédiés au ramassage des crottes de chien qui sont remplacés par des sachets biodégradables. En 2020, au 1er janvier, ce sont les couverts jetables et les pailles en plastique qui deviendront hors-la-loi.

Si les autorités monégasques prennent de telles décisions, c’est que le petit Etat côtier est aux premières loges pour constater et subir les effets de la pollution maritime : 8 millions de tonnes de déchets plastique finissent en effet chaque année dans les océans. En passant de telles lois, Monaco entend bien ne plus participer à cet incroyable fléau que les autres nations ont tant de mal à endiguer.

Evidemment, le particularisme local veut que tout le monde joue le jeu. Et par « tout le monde », nous entendons les citoyens lambda comme les hôtels les plus luxueux. Certains établissements ont déjà pris de bonnes habitudes et ne distribuent plus de pailles dans les sodas servis à leurs clients, ou les ont déjà remplacées par leurs équivalentes biodégradables pour les cocktails les plus demandés. En attendant que tout le monde s’y mette, ce sont les personnes les plus fortunées de la planète qui seront donc les cobayes de cette révolution verte.

Le retour de la lutte des classes ? Pas forcément, puisqu'en France, McDonald's vient d'annoncer qu'elle envisageait, à terme, de supprimer les pailles de ses restaurants français. Et avec 8,8 millions de pailles utilisées chaque jour dans l'Hexagone dans la restauration rapide, ce genre de décision est loin d'être anodine sur le plan environnemental...

Photo : KishR/Flickr/CC