Faire du commerce équitable en France, pour les consommateurs français ? C'est la voie choisie par un groupement d'éleveurs de Loire Atlantique.

Deux ans et demi déjà que « C’est qui le patron ?! » apporte un vent de fraîcheur bienvenu dans la grande distribution : en appliquant le principe de base du commerce équitable, à savoir rémunérer dignement les producteurs agricoles, la marque explose les prévisions les plus optimistes en comptant déjà 8 millions de clients qui auront bientôt acheté 100 millions de litres de lait dans 12 000 points de vente répartis partout sur le territoire.

Une vraie success-story qui ne pouvait qu’inspirer d’autres éleveurs. Parce qu’être producteur laitier aujourd’hui en France n’est pas une sinécure : il est difficile d’échapper aux géants du secteur (au premier rang desquels Lactalis qui collecte 5,5 milliards de litres de lait chaque année en France) qui négocient les prix pour garantir leurs marges, aux dépens des revenus des petits producteurs. Un système qui semble trouver ses limites, en témoignent les deux « crises du lait » de 2009 et 2015 qui auront conduit certains éleveurs à revoir la manière d’écouler leurs stocks.

Après les éleveurs de l’Ain à l’origine de « C’est qui le patron ?! », place cette fois à leurs collègues de Loire-Atlantique et à leurs briques « Les éleveurs vous disent merci ! ». Vendues par Intermarché (à l’origine de l’opération), les emballages sont immanquables en rayons : ce sont ceux qui affichent le visage des producteurs tout sourire et, surtout, la part du prix payé par le consommateur qui va directement rémunérer le travail fourni. Ainsi, 44 centimes sur les 0,88€ que coûtent 1L de lait vont dans la poche des éleveurs : cela paraît peut, mais c’est 30% de plus par litre que pour la moyenne des éleveurs.

Au total, depuis le lancement de la marque il y a un an, 21 millions de litres de lait estampillés « Les éleveurs vous disent merci ! » ont été vendus par Intermarché, un score quatre fois supérieur aux prévisions initiales, ce qui a permis de reverser un million et demi d’euros aux producteurs engagés dans la démarche.

Nul doute que les initiatives de ce genre devraient vite se multiplier. Et tant mieux !

Photo : merci.intermarche.com