Ségolène Royal a évoqué une interdiction à venir de vente du désherbant Roundup de Monsanto aux particuliers. 

Coup de tonnerre ce dimanche 14 juin sur France 3 : invitée de la chaîne publique, Ségolène Royal a annoncé vouloir stopper la vente en jardineries du Roundup, le plus célèbre des désherbants. Pour la ministre de l’Ecologie, « la France doit être à l’offensive sur l’arrêt des pesticides », et la volonté de retrait de la vente du Roundup fait suite au rapport de mars dernier du Centre international de recherche sur le cancer qui classait son principe actif, le glyphosate, comme « cancérogène probable chez l’homme ». 

Si l’information fait autant de bruit, c’est aussi (et surtout) parce que le désherbant incriminé est le produit star de Monsanto, géant américain et mondial des biotechnologies, qui a bâti en partie son incroyable succès financier sur l’exploitation d’OGM, une pratique que nous qualifierons pudiquement de « controversée ». En réponse à la sortie médiatique de la ministre, l’entreprise américaine s’est contentée d’un simple communiqué dans lequel elle précise qu’ « aucune nouvelle donnée scientifique récente ne permet de remettre en cause l’autorisation de vente du Roundup », et rappelle qu’elle continue à « travailler activement avec les autorités compétentes pour assurer la ré-homologation décennale du glyphosate ». Nul doute, à la lecture de ces quelques mots, que les bataillons de lobbyistes de Monsanto ont mis les bouchées doubles pour convaincre ces autorités avec des arguments tous plus solides les uns que les autres

Nous rappellerons tout de même à nos lecteurs cette séquence mythique de l’émission « Spécial Investigation » de Canal Plus, où un médecin pro-Monsanto affirme sans sourciller que le glyphosate (le principe actif du Roundup au coeur du débat) est potable : « Vous pouvez en boire un grand verre, ça ne fait aucun mal ». Le journaliste avait cependant prévu ce type de réaction et propose alors au médecin de boire un verre de glyphosate qu’il a lui-même apporté. Réponse de notre homme qui vantait pourtant la non-dangerosité du produit de Monsanto quelques secondes auparavant : « Je ne suis pas stupide », avant de se fâcher, d’insulter son interlocuteur et de quitter l’interview.


Un pro-Monsanto défend un herbicide "potable... par LePoint

Alors, Monsanto ou Ségolène Royal ? Dans ce cas précis, notre choix est fait…