Avez-vous déjà entendu parler des tiny house ? La tendance de ces mini-maisons (entre 10 et 40 m2 en moyenne) fait rage aux États-Unis et est en passe de se propager vers la France. Décryptage d'un phénomène.

La micro-maison : contre-pied d'une Amérique XXL

La tiny house s'inscrit en rupture avec une Amérique dominée par des villas obèses, sceau d'un statut social élevé. Des maisons vastes, à l'image de ce pays-continent où les étendues de terre à perte de vue font écho à la possibilité de rêver grand et aux menus Mc Do Super size. Qu'est-ce qui fait le succès des mini-maisons à l'heure où le mot d'ordre est plutôt "Making America great again" ?

Le mouvement est initié en 1998 par Sarah Susanka, coauteur de "The Not So Big House", et mis en pratique par Jay Shafer, designer qui construit sa maison sur une remorque. Mais c'est en 2005 que le mouvement prend véritablement de l'ampleur, suite aux ravages de l'ouragan Katrina, au cours duquel de nombreuses familles perdent leur foyer. La crise des subprimes de 2008 et le crash des prêts immobiliers contribuent eux aussi à la popularisation de ces mini-foyers.

Si la tendance répond d'abord à un besoin dans un contexte de crise économique, elle va vite séduire les écolos, minimalistes et autres bobos.

Le mythe de la cabane primitive

En 1952 déjà, Le Corbusier imagina une maison de 13 m2 sur un "bout de rocher battu par les flots". Ouverte sur la nature, fonctionnelle, voire nomade, plus qu'une maison, la tiny house est un véritable style de vie, en phase avec notre époque.

 

Aux États-Unis comme en France, la propriété asphyxie et empêche la mobilité, devenue aujourd'hui indispensable dans le monde du travail. Les remparts d'une maison ne protègent plus contre les aléas climatiques et économiques, si bien que la souplesse est à long terme la solution la plus "safe".

 

Fatiguée de la société de consommation, la nouvelle génération recherche l'expérience plutôt que la possession. Accumuler les photos Instagram de son tour du monde de travel-blogueur libre de ne jamais travailler a plus de valeur que de pouvoir s'offrir la plus belle maison /voiture /femme à la sueur d'une vie sacrifiée à l'entreprise. Les gypsets ont remplacé la jet-set, la bohème a le vent en poupe, l'élite n'achète plus, elle vit, elle. Le vrai luxe est la liberté. En évitant de s'endetter et en valorisant l'expérience au détriment de la possession (limitée, dans un petit espace), la tiny house répond à ces aspirations.

Tiny house, la maison de demain ?

Panneaux solaires, récupération des eaux de pluie, petit espace bien isolé pour moins de chauffage, matériaux naturels : la mini-maison réduit aussi votre empreinte écologique, tant du point de vue de la construction que de celui de son utilisation. Nous vous en avons notamment parlé dans cet article. À l'inverse d'une roulotte, la tiny house résiste aux intempéries, si bien qu'elle est viable toute l'année.

Comment switcher pour une tiny house ?

Si vous souhaitez vous aussi vous installer sur une remorque, voici quelques choses bonnes à savoir :

  • Comme il s'agit d'un concept assez nouveau en France, les tiny houses n'ont pas encore leur législation propre, alors on se réfère à celle relative aux caravanes.
  • En pratique, pensez aussi à bien atteler votre petite maison. Sur sa page attelage, le site e-commerce Rameder explique qu'en cas d’utilisation occasionnelle, il est préférable d’opter pour une rotule verticale démontable sans outil (RDSOH, RDSOV, attelage escamotable) qui sera bien plus pratique à l’usage et également plus esthétique qu’un col de cygne démontable avec outil.
  • Pas de permis spécifique nécessaire, à condition que le PTAC (Poids Total Autorisé en Charge) soit inférieur à 3500 kg. Sinon, se référer au permis poids lourds.