En Allemagne, le ministère de l’environnement supprime la viande des menus de ses repas officiels. Pour, demain, tenter de convertir le pays au régime végétarien ?

Quelques temps après s’être attaquée à l’énergie nucléaire, l’Allemagne serait-elle prête à modifier ses habitudes alimentaires ? En tout cas, une récente décision pourrait le laisser penser : la ministre de l’environnement Barbara Hendricks (SPD, centre-gauche) a décidé que la viande et le poisson seront désormais bannis des repas officiels servis par son ministère. Et, tant qu’à faire, que les mets proposés devront être issus de l’agriculture biologique, locale, voire de la filière du commerce équitable.

Vu de France par le petit bout de la lorgnette, les amateurs de plats traditionnels allemands comme la choucroute (et son abondante charcuterie) ou la currywurst (une saucisse au curry) pourraient se sentir ostracisés. Certaines personnalités politiques, au premier rang desquelles le ministre de l’agriculture Christian Schmidt (CSU, centre-droit) n’ont d’ailleurs pas hésité à afficher leur désapprobation totale à ce sujet. Pourtant, le végétarisme en Allemagne est une idée qui avance bien plus vite qu’en France et, de l’autre côté du Rhin, 9% de la population (soit environ 8 millions d’habitants) ont d’ores et déjà bannis la viande et le poisson de leur alimentation au profit de légumes et autres céréales.

Si la décision de Barbara Hendricks est évidemment symbolique (que vont changer quelques dizaines de dîners de gala à l’échelle du pays le plus peuplé d’Europe ?), elle rappelle cependant que l’élevage intensif pourrait poser, demain, un véritable problème si aucune décision n’est prise aujourd’hui. Selon la FAO (l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), 14,5% des émissions mondiales de CO2 seraient imputables à l’élevage. Et, toujours d’après la même source, la demande mondiale de viande devrait augmenter de 73% entre 2005 et 2050 !

Le changement d’alimentation proposé par le ministère de l’environnement allemand à ses prestigieux invités aura peut-être pour effet à long terme, sinon de convertir le pays au végétarisme, de faire au moins diminuer sa consommation de viande à notre voisin qui arrive en tête des classements européens (88 kilos par an et par habitant, contre 66 kilos pour un Français).

Photo : MoyanBrenn/Flickr/CC