La ville rose va servir de terrain d'expérimentation au premier prototype de technologie SoGrid,

un projet de réseau électrique intelligent piloté par ERDF. Pour le développement de ce réseau, le groupe s'est appuyé sur une innovation de rupture, le courant porteur de ligne (CPL), ce qui permettra la réutilisation du réseau existant en évitant ainsi aux ingénieurs de "partir de zéro". Concrètement, la technologie du CPL permet la diffusion de données numériques via les réseaux d'électricité. Peut-être votre maison en est-elle équipée, car il existe déjà à l'échelle de certains foyers disposant d'une connexion internet via les Box les plus récentes. C'est toutefois la première fois que cette technologie sera adaptée à un réseau de basse et moyenne tension d'une agglomération de presque un demi million d'habitants. Parce qu'elle est économe et qu'elle permet de détecter à distance et au mètre près les problèmes qui pourraient survenir sur les lignes, cette technique suscite l'intérêt des chercheurs en Europe, mais également au Japon et aux Etats-Unis.

 

Un atout pour la transition énergétique

Mais surtout, le fait de pouvoir diffuser des données sur le réseau présente un très fort potentiel dans un autre domaine : la réduction des gaz à effet de serre.

Comme tous les smartgrids, le projet Sogrid fera recours aux technologies informatiques pour lisser les écarts entre la production et la consommation d'électricité à chaque instant de la journée, ce qui permet de préserver son équilibre. Dans le réseau existant, ce lissage se fait en partie grâce au système d'heures pleines/heures creuses, qui n'est pas parfait. Au sein d'un réseau smartgrid, les maisons des particuliers et les entreprises disposent d'un compteur communiquant capable de réguler sa consommation en fonction de l'électricité disponible à un instant t. Certaines consommations, telles que les besoins en chauffage ou de certains appareils électroménagers, peuvent ainsi être reportées automatiquement, évitant le recours à des moyens de production de pointe comme les centrales à charbon, très polluantes. Les smartgrids sont aussi un atout de taille pour le développement et l'implantation des énergies renouvelables, dont la production est très fluctuante en fonction des conditions météorologiques. En permettant la circulation de l'électricité dans les deux sens, ils pourront même faciliter l'implantation de panneaux solaires et d'éoliennes chez les particuliers désireux de vendre leur électricité sur le réseau.

 

A Toulouse, les premiers tests auront lieu à partir du deuxième semestre 2015 sur une sélection de 1000 compteurs.