Et si les piles à hydrogène remplaçaient les batteries lithium-ion dans les vélos électriques de demain ?

Et si le futur de la mobilité durable urbaine s’était joué ces derniers jours dans le Sud-Ouest, entre Bidart et Biarritz ? C’est en effet dans la ville de Serge Blanco (référence inévitable en ces temps de coupe du monde de rugby) qu’une société hi-tech basée dans la commune voisine a présenté son prototype de vélo à assistance électrique fonctionnant à l’hydrogène. « Une première mondiale », si l’on en croit Pragma Industries.

L’idée est toute simple : au lieu d’intégrer un moteur électrique et une batterie lithium-ion dans le cadre de leur vélo Alpha, les concepteurs du deux roues ont préféré y insérer une pile à hydrogène, dans laquelle une réaction maîtrisée d’oxydo-réduction de l’hydrogène (H) et de l’oxygène (O) génèrera de l’électricité. Seule conséquence de cette réaction, la production de quantités minimes d’eau pure, de symbole H2O. Avouez que c’est une alternative plutôt séduisante au CO2 que crachent nos bons vieux moteurs à explosion…

Mais cette technologie embarquée dans le prototype Alpha relève-t-elle du gadget ou d’un réel progrès pour l’utilisateur ? Si l’on en croit le fabricant, les caractéristiques de l’Alpha pourraient révolutionner le vélo électrique car, en plus des 100 kilomètres d’autonomie offerts par la motorisation, le constructeur promet une recharge complète en moins de cinq minutes, quand il faut 4 à 6 heures à un VAE équipé d’une batterie lithium-ion pour se refaire une santé, branché sur le secteur.

Les cent premiers vélos sortis des ateliers de Pragma Industries devraient débarquer en 2016 suivis, une année plus tard, d’une nouvelle vague d’un millier de modèles. Le prix annoncé ? Aux alentours de 2300 euros. Si nous saluons évidemment l’arrivée d’une telle technologie sur le marché, on ne peut cependant s’empêcher de douter sérieusement de son développement à court terme car, comme pour leurs cousines automobiles, les vélos à hydrogène risquent de se heurter à un problème de taille : la quasi-absence, sur notre territoire, d’infrastructures de recharge d’hydrogène.

Espérons que nous ayons tort…

Photo : Robert Couse-Baker/Flickr/CC