Remplacer les résistances de nos radiateurs par des microprocesseurs, c’est l’idée d’une entreprise francilienne qui pourrait engendrer d’énormes économies d’énergie. 

Chacun d’entre nous l’a déjà expérimenté : les ordinateurs de salon ont tendance à chauffer dès qu’ils sont trop sollicités. Les processeurs qui travaillent sont bien « refroidis » par un ou plusieurs ventilateurs, mais ces derniers ne font que déplacer la chaleur et l’expulser hors de l’unité centrale. Dans un environnement professionnel, cette surchauffe est encore plus flagrante, et quelques dizaines d’ordinateurs qui tournent en même temps durant des jours entiers auront vite tendance à faire monter la température ambiante. Et que dire des centres de données professionnels, ces hangars qui accueillent des milliers de serveurs et demandent une puissante et permanente climatisation pour optimiser leur fonctionnement ? Faisant ce constat plus qu’évident, une société implantée à Montrouge dans les Hauts-de-Seine développe depuis quelques années une idée géniale : le radiateur numérique

Il viendrait en remplacement de nos vieux radiateurs à résistance, à eau, ou à bain d’huile à la différence près qu’à l’intérieur de sa carcasse, vous ne trouverez que des circuits électroniques et des processeurs. Qarnot, la société en question, dispose ainsi d’un parc informatique conséquent, à la puissance de calcul équivalente à celle d’un centre de données, à la différence près que ses serveurs (et donc ses processeurs) ne sont pas réunis en un seul et même lieu, mais dispatchés dans des immeubles d’habitation ou à usage professionnel. 

Pour l’utilisateur, rien ne change : grâce à son thermostat, il décide de la puissance de calcul qu’il alloue aux clients de Qarnot. En plein hiver, en poussant le thermostat à fond, vous allouez ainsi 100% de la puissance de calcul disponible dans votre radiateur numérique, qui aura tôt fait de réchauffer votre logement. 

« Et en été ? », pensez-vous. Parce que si les besoins des clients de Qarnot ne ralentissent pas, les heureux propriétaires d’un radiateur numérique n’ont, eux, pas besoin (ni envie) de chauffage toute l’année. Ne vous inquiétez pas, tout a été pensé : les bâtiments publics, comme les établissements scolaires, vides durant les 16 semaines de vacances scolaires annuelles, pourraient continuer d’être chauffés, et de mettre 100% de leur puissance de calcul à disposition de Qarnot. 

Avantage écologique évident : la demande énergétique chuterait si le taux d’équipement en radiateurs numériques explosait (fin de la climatisation dans les centres de données qui consomment pas moins de 8% de l’électricité française, fin du chauffage électrique traditionnel). Le projet est déjà en marche puisque aujourd’hui, 350 de ces radiateurs du futur équipent 110 logements sociaux à Paris. 

Bientôt chez vous ?

Photo : www.qarnot-computing.com