Que faire des dizaines de milliers de tonnes de coquilles d’huîtres qui garnissent chaque année nos poubelles ? Quelques solutions existent déjà, en attendant que tout le monde s’y mette sérieusement.

Le réveillon de Noël est derrière nous, mais déjà se profile celui de la Saint-Sylvestre. Au menu, immanquablement, de nombreux plats de fêtes, emblématiques de cette période hivernale et parmi eux : les huîtres. D’après le site franceagroalimentaire.com édité par le Ministère de l’Agriculture, la France est le premier producteur mondial d’huîtres (150 000 tonnes annuelles) mais aussi le premier consommateur, les trois quarts de ce stock étant écoulés chaque année entre décembre et janvier. Mais une fois consommée, que faisons-nous de la coquille du mollusque ? Parce que mine de rien, à l’échelle du pays, cela représente des dizaines de milliers de tonnes de déchets qui viennent encombrer nos poubelles.

Pour une large part, les coquilles finissent dans la poubelle classique et seront acheminées vers un incinérateur. Si vous habitez la campagne, vous pouvez toutefois les conserver, les réduire en poudre et les mélanger à l’alimentation de vos poules pondeuses, cela devrait les aider à consolider la coquille des oeufs qu’elles pondront. Ou tenter de concasser les coquillages vides pour les ajouter à votre compost : la décomposition fera le reste.

Cela ne résout cependant pas le problème des plus de 100 000 tonnes de ces déchets. Quelques collectivités locales se sont pourtant lancées dans la collecte d’une matière qu’il est possible de valoriser : la communauté de commune des Herbiers, à cheval entre la Vendée et les Pays de la Loire, est de celles-ci Des bennes spéciales ont ainsi été installées dans les huit communes concernées et seront accessibles jusqu’au 18 janvier. Tout comme le nord de la Charente-Maritime, où le syndicat mixte de gestion des déchets s’est lancé, cette année, dans la collecte via des sacs de collecte disposés dans les 22 déchèteries qu’il gère. La majeure partie de la collecte finira broyée et mélangée à l’alimentation de volailles. Mais le broyat peut aussi servir de remblais pour les rond-points ou les routes, de matériau pour fabriquer des jardinières, ou viendra habiller le fond de nos aquariums. Quant à la nacre qui compose pour partie les coquilles, elle sera dirigée vers les laboratoires des grands groupes cosmétiques, qui raffolent de cette matière première précieuse.

Dès 2016, n’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre mairie : qui sait, il existe peut-être près de chez vous un système de collecte dont vous ignorez l’existence.

Photo : MinLee/Flickr/CC