En quarante ans de luttes diverses, Greenpeace a pu engranger quelques victoires de prestige. En voici trois.

Depuis sa création en 1971, l'ONG de protection de l'environnement Greenpeace s'est lancée dans de nombreux combats. Des combats auxquels, il faut bien le dire, les activistes sont parfois les seuls à imaginer une issue positive. Car Greenpeace a le chic pour s'attaquer à des organisations plus grosses qu'elle : des multinationales, voire des Etats, ne lui font pas peur. Et alors que l'ONG est engagée sur de nombreux fronts, elle engrange régulièrement de beaux succès. Un petit coup d'oeil sur ses victoires permettra de se rafraîchir la mémoire. Mais comme il nous était impossible de tous les passer en revue, nous en avons choisi trois, de façon parfaitement arbitraire. Les voici : 

Greenpeace Vs USA

En 1971, les Etats-Unis procèdent à des essais nucléaires sur l'île de Amchitka, en Alaska. "Pourquoi ne pas affréter un bateau et aller sur place nous opposer à ces essais ?" Ce qui n'était au départ qu'une plaisanterie prend forme et le 15 septembre, un bateau appareille pour tenter d'empêcher le tir d'une bombe de 5 mégatonnes. Avec succès ? Pas vraiment en fait, puisque l'US Navy l'intercepte avant même qu'il n'ait pu approcher de son objectif. La bombe explosera quand même. Mais l'histoire de ces militants prêts à risquer leurs vies pour empêcher les essais nucléaires fait vite le tour du monde, et les médias commencent à s'intéresser de près à ces tirs atomiques. Sous pression, l'armée américaine annulera les autres tirs prévus dans la zone. Aujourd'hui, Amchitka est devenu un sanctuaire pour les oiseaux. En se faisant arrêter, Greenpeace a donc mis l'Oncle Sam en échec.

Greenpeace Vs les tueurs d'animaux

De nos jours, la protection des baleines se résume au duel Sea Shepherd/Japon. Mais il y a 30 ans, les Russes étaient les plus grands chasseurs de baleines. Les militants de Greenpeace tentaient alors, comme aujourd'hui ceux de l'ONG de Paul Watson, de s'interposer entre les baleiniers équipés de harpons et les animaux. Dans le même temps au Canada, les bébés phoques sont massacrés pour leur fourrure : une fois assommés, ils sont dépecés vivants. Un scandale barbare que Greenpeace montre au monde entier. Les résultats de ces actions tombent en 1982 : pendant que la CEE interdit l'importation de peaux de bébés phoques, la Commission Baleinière Internationale décrète un moratoire sur la chasse à la baleine qui entrera en vigueur en 1986. 

Greenpeace Vs l'huile de palme

Pour obtenir le maximum de ce précieux liquide utilisé dans l'industrie agroalimentaire, les industriels asiatiques n'hésitent pas à raser des milliers d'hectares de forêt primaire pour faire place à des plantations de palmiers à huile. La biodiversité abritée dans ces forêts millénaires n'est plus abritée, et se retrouve en danger de mort. Au premier rang des espèces menacées par cette déforestation, l'orang-outan. Greenpeace cible un industriel, Sinar Mas, coupable de cette pratique et force ses clients à rompre leurs contrats avec lui. Nestlé, Carrefour, Burger King, Unilever et Auchan coupent ainsi les ponts avec Sinar Mas. C'était en 2010, et la population mondiale est aujourd'hui alertée sur le danger que représente l'exploitation des palmiers à huile. 

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Nous aurions également pu citer l'interdiction d'utilisation des filets de pêche dérivants de grande taille, l'interdiction mondiale de l'immersion en mer de déchets radioactifs, la fin des exportations des déchets toxiques des pays riches vers les pays pauvres, la suspension en France de la culture du maïs OGM MON810 de Monsanto, et bien d'autres encore. Malgré ses victoires, Greenpeace se découvre régulièrement de nouveaux combats. Et tant que nous ne prendrons pas plus soin de notre planète, l'ONG devrait avoir du travail pour longtemps encore.

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