Imaginez un gratte-ciel conçu à partir de matériaux entièrement écologiques dont la mission principale serait de soigner l'environnement ?

 

C'est le projet fou de deux architectes et de leur Heal-Berg, bâtiment révolutionnaire récompensé à l’Evolo Skyscraper Competition 2017. Des éoliennes et des énergies osmotiques couvriraient ses besoins en électricité, tandis que des lasers transformeraient le dioxyde de carbone en oxygène. Mais le plus stupéfiant reste la construction même du gratte-ciel par une impression en 3D à partir du graphène, un matériau plus léger que l'air et dix fois plus solide que l'acier. Ce projet, encore à l'état d'ébauche, révèle les étonnantes possibilités que l'impression en 3D nous réserve, ainsi que ces enjeux écologiques. Retour sur les innovations vertes dans le domaine de l'impression.

Les encres écologiques

Les cartouches, ainsi que l'encre qu'elles contiennent, présentent une menace environnementale évidente. Les fabricants de toner s'engagent pour une impression verte, comme le rappelle le site spécialisé Inkadoo sur sa page Lexmark, en réduisant au maximum l'impact environnemental des cartouches et des appareils électroniques, mais il est temps de revoir la formule en profondeur. Les scientifiques cherchent de plus en plus d'alternatives aux pigments toxiques renfermant des minéraux lourds (cuivre, baryum, zinc) et des solvants à base de pétrole. De ce fait, des encres écologiques à base d'huiles végétales sont désormais disponibles, mais on peut encore aller plus loin. Une équipe de chercheurs américaine et chinoise a développé un papier imprimable et réimprimable grâce à la lumière UV. Un chercheur indien a, quant à lui, inventé Air Ink, un dispositif qui permet d'absorber le gaz carbonique et de le transformer en encre. Cette petite révolution, en phase de développement, métamorphose actuellement ce fléau qu'est la pollution en art dans les rues de Hon-Kong .

Preuve s'il en est que des efforts sont possibles en ce qui concerne l'impression.

L'impression en 3D

Nous n'en sommes qu'aux balbutiements de l'impression en 3D, mais on assiste déjà à une révolution environnementale. En effet, le projet Heal-Berg évoqué en intro n'est pas une utopie, mais est déjà partiellement réalisable. Des chercheurs néerlandais ont réussi à recomposé le graphène nécessaire à sa construction grâce à l'impression 3D de bactéries. Cette bio-impression composée d'algues, de calcium et de bactéries pourrait permettre de pallier le futur manque en matières premières et intéresse fortement la NASA. En parallèle, des chercheurs du prestigieux MIT ont développé un bras robotisé monté sur véhicule capable de construire à grande échelle n'importe quel objet, et bâtiment architectural, à partir de matériaux recyclés. L'entreprise MX3D envisage la construction d'un pont piétonnier à Amsterdam, tandis que l'équipe russe Apis Cor a réussi à imprimer une maison en 3D en moins de 24 heures en mars dernier. Des innovations technologiques qui marquent les premiers pas de l'insertion de l'impression en 3D dans une politique écologique et environnementale.

La nécessité d'une démarche globale

Cependant, tous ces efforts sont inutiles s'ils ne rentrent pas dans une démarche globale. Prenons en exemple l'imprimerie Calligraphy Print, 10,5 millions d'euros de chiffre d'affaires, qui rafle le trophée du développement durable en 2009 en recevant le label Green Procurement Standards. Ses bâtiments ont été entièrement revu afin de répondre aux exigences environnementales qui tiennent à cœur à son président, Olivier Pouchin. Ces rénovations ont permis de réduire la consommation d'eau et des déchets industriels, de diminuer la pollution sonore, et d'éliminer les molécules cancérigènes des produits. Suivant sa politique environnementale, l'imprimerie a également installé un cheptel de moutons et une ruche afin de favoriser la biodiversité à Châteaubourg. À la pointe du développement durable, Callygraphy Print est un exemple industriel à suivre.