Et si les robots remplaçaient les herbicides ? Et si la pollution des sols n’était bientôt qu’un lointain souvenir ? Le robot désherbeur Oz nous incite en tout cas à espérer.

Le désherbage est probablement la tâche la plus ardue pour tout agriculteur ou maraîcher qui veut s’affranchir des pesticides. Et pour cause, si des machines peuvent aider à son travail, leur manque de précision oblige notre travailleur de la terre à finir lui-même le travail à la main. Une véritable corvée qui exige d’être courbé en permanence et d’effectuer des milliers de fois le même mouvement répétitif d’arrachage de mauvaises herbes, et qui aboutit fréquemment pour les agriculteurs à de graves troubles osseux et musculaires.

Comment rendre ce travail moins difficile tout en étant extrêmement efficace, qui ne découragerait pas les exploitants bio d’un côté, et qui pourrait convaincre ceux qui participent activement à la pollution des sols (mais qui n’ont souvent pas d’autres alternatives s’ils veulent continuer à survivre grâce à leur activité) en déversant annuellement 30 000 tonnes d’herbicides sur leurs cultures de l’autre côté ? Une start-up toulousaine, Naïo Technologies, apporte une réponse étonnante : Oz, le robot désherbant.

D’une largeur de 40 cm et d’une longueur d’1m, Oz peut se glisser entre les rangs de haricots, épinards, et autres fraisiers pour arracher, en toute autonomie, les mauvaises herbes, grâce à ses outils (socs de binage, herse, rasettes à brosse, bineuse à ressorts, etc…) amovibles. Le seul paramètre auquel le maraîcher doit être attentif, c’est le réglage de la largeur du champ d’action du robot : il faut s’assurer qu’il frôle les plants mais qu’il ne les abîme en aucun cas. Une fois cela fait, Oz se lance seul à l’assaut des mauvaises herbes, circulant à la vitesse de 1km/h entre les rangs de fruits et légumes grâce à ses roues tout-terrain et ses caméras infrarouges. En quelques heures, le robot est capable de désherber, seul, des parcelles allant de 2 à 10 hectares.

 

Vendu au prix de 20 000€, il a déjà séduit quelques dizaines d’exploitants en France et à La Réunion. Ses prochaines versions, une pour la vigne et une pour les grandes exploitations (jusqu’à 50 hectares), lui permettront peut-être de convertir de nouveaux adeptes. C’est en tout cas tout le mal que nous lui souhaitons.

Photos : www.naio-technologies.com