L'organisation américaine de défense des animaux a choisi Naruto, "le singe au selfie", comme personnalité de l'année. Explications.

Les fins d'année sont l'occasion de décerner une multitude de prix divers. La PETA, sorte d'équivalent américain de notre SPA, ne déroge pas à la règle et, au même titre que les publications et les organismes les plus prestigieux, remet elle aussi son titre de "personnalité de l'année". Et cette année, pour succéder à des personnalités aussi prestigieuses que le Pape François, Oprah Winfrey, ou Bill Clinton, c'est Naruto qui a été désigné.

Naruto, vous le connaissez forcément : c'est le macaque qui, en 2008, avait pris un selfie en empruntant le matériel d'un photographe animalier. Une photo qui avait fait le tour du monde, par la magie des réseaux sociaux. Un vif débat sur le droit d'auteur avait alors éclaté : qui, du singe a appuyé sur le déclic, ou du photographe qui a installé le matériel et effectué tous les réglages, pouvait être considéré comme le véritable auteur du cliché ?

La PETA s'était lancée dans une bataille juridique contre le photographe David Slater pour faire reconnaître les droits d'un non-humain (donc d'un animal) devant un tribunal. Après des mois de procédure, les deux parties se sont entendues sur un compromis : les droits d'auteur de la photo reviennent bien à David Slater, mais celui-ci s'est engagé à verser 25% des revenus issus de son exploitation à des organismes spécialisés dans la protection de la forêt primaire ou dans celle des macaques noirs, espèce dont Naruto est le plus célèbre représentant.

Pour la PETA, Naruto a fait plus que n'importe qui, avec cette simple photo, pour alerter sur la "conscience" qui habiterait les animaux. Et c'est à ce titre qu'il a été élu personnalité de l'année. Rappelons qu'en France, un animal de compagnie est soumis au même régime juridique qu'un simple meuble, même si le code civil les considère depuis 2015 comme "des êtres vivants doués de conscience".

En France ou ailleurs, le statut des animaux semble progresser dans la bonne voie. Qui ira s'en plaindre ?