Les boîtes de camembert et les bourriches d'huîtres sont-elles menacées ?

Lorsque l'on aborde le problème des emballages, le plus souvent, c'est pour alerter sur leur omniprésence, dénoncer le volume qu'ils occupent dans nos poubelles et, finalement, demander à ce qu'ils disparaissent petit à petit. Mais pas cette fois. Cette fois, c'est une alerte qui est lancée, par les professionnels de la forêt et par le président du Conseil national du peuplier.

Si la France se classe pour l'instant au deuxième rang des producteurs mondiaux de peupliers avec 240 000 hectares sur son territoire, le dirigeant de l'organisme alerte sur le faible renouvellement des plants. Avec 650 000 plants par an comme c'est le cas aujourd'hui, une pénurie de peupliers est à prévoir en France d'ici 2020, et des importations seront alors à envisager.

Avec cette pénurie éventuelle, ce sont beaucoup d'emballages qui pourraient disparaître, le peuplier étant à la base des trois quarts de ceux fabriqués en bois légers : boîtes de fromage, bourriches d'huitres, sans compter les caissettes et les cagettes de fruits et légumes. Conserver des peupleraies qui fournissent suffisamment de bois à une filière qui emploie pas moins de 20 000 personnes est une nécessité.

Sans ces peupliers, et en écartant l'option de l'importation, il y a de bonnes chances pour que les emballages en bois légers que nous connaissons aujourd'hui soient remplacés par des emballages en plastique, issus de procédés industriels lourds et néfastes pour l'environnement. Et puis travailler à protéger une espèce végétale, fut-ce dans un but économique et industriel, à l'heure où tant d'essences sont menacées, cela semble être de toutes façons un but plutôt noble.

Alors pour sauver nos boîtes de fromages et nos bourriches : oui au peuplier !

Photo : Flikkesteph/Flickr/CC