Offrir une fin de vie digne à des animaux traditionnellement condamnés à mort dès leurs 18 mois révolus, voilà le projet de Poulehouse, nouvel étendard du bien-être animal.

18 mois : c'est l'âge à partir duquel une poule pondeuse commence à perdre de son rendement, à pondre moins d'oeufs. Dans l'industrie de l'oeuf, cela correspond donc souvent à l'âge auquel ces poules sont gentiment envoyées à l'abattoir, et remplacées par de plus jeunes. Lorsqu'on sait que ces animaux, qui ont le bec coupé à la naissance pour éviter qu'ils ne blessent leurs congénères, vivent en moyenne 6 ou 7 ans, les condamner à peine le quart de leur vie écoulé, cela paraît un peu dur, pour ne pas dire scandaleux. Et cela concerne 100 millions d'animaux par an !

C'est pour enrayer cette macabre machinerie que l'entreprise Poulehouse a vu le jour, imaginée par Fabien, Sébastien et Elodie, avec pour mission d'envoyer les gallinacés rejetées par l'industrie dans un refuge, La maison des poules, où elles finiront tranquillement leurs jours. Pendant cette retraite dorée, les poules retraitées, élevées selon les préceptes de l'agriculture biologique, continueront de pondre à un rythme moins soutenu qu'auparavant, et Poulehouse se chargera de commercialiser ces oeufs frappés du sceau du bien-être animal, sous la marque "L'oeuf qui ne tue pas la poule".

Evidemment, en choisissant la filière biologique et en favorisant des animaux offrant un rendement moindre, Poulehouse se voit dans l'obligation de proposer des tarifs supérieurs à ceux des acteurs traditionnels du marché. D'autant que pour valoriser le bien-être de ses poules, l'entreprise choisit de mieux rémunérer les éleveurs. Dans les rayons des magasins Biocoop où elle pour l'instant exclusivement distribuée, la demi-douzaine d'oeufs s'affiche à 5,99€, quand les hypermarchés traditionnels proposent le même volume (labellisé AB et issu de poules élevées en plein air) pour une somme comprise entre 2,50€ et 3€.

A l'heure où ces lignes sont écrites, Poulehouse est propriétaire de 9000 poules, via un partenariat noué avec 4 éleveurs Normands qui se sont engagés à ne pas envoyer leurs animaux à l'abattoir. L'objectif de cette fin d'année 2017, c'est de produire 50 000 oeufs par semaine, soit 2,6 millions par an. Une goutte d'eau comparé aux 15 milliards d'oeufs produits chaque année en France. mais il faut bien commencer quelque part, non ?

Pour soutenir l'initiative, rendez-vous chez Biocoop, où la boîte d'un vert éclatant devrait vous sauter aux yeux.