L'état de la biodiversité en France est-il satisfaisant ? Eléments de réponse pour se faire un avis...

Au cours de l'année 1985, on ne s'est pas ennuyé. Pendant que l'épave du Titanic était retrouvée par 3843 mètres de profondeur, le footballeur Cristinao Ronaldo et la chanteuse Shy'm voyaient le jour, alors que Simone Signoret et Orson Weeles s'éteignaient. Ce qui n'apparaît pas dans les chronologies consacrées à cette année 1985, c'est l'invention du terme "biodiversité", pendant la préparation du « National Forum on Biological Diversity ».

Ce mot, qui désigne l'ensemble des espèces vivantes d'un milieu, prendra de plus en plus d'ampleur, au fur et à mesure de la prise de conscience environnementale globale. La biodiversité est aujourd'hui en danger, et on estime qu'une espèce animale ou végétale parmi les 1,8 millions recensées disparaît toutes les vingt minutes de la surface du globe. Un rythme au moins 100 fois supérieur au rythme d'extinction naturelle. Mais qu'en est-il de l'état de la biodiversité française ? Notre pays fait-il le nécessaire pour protéger sa biodiversité ?

D'abord, il faut envisager la France non pas comme un simple hexagone, mais comme un pays avec ses DOM et ses TOM (qui contribuent à assurer au pays le 2ème domaine maritime mondial), où les règnes animal et végétal sont d'une richesse exceptionnelle.

En métropole, la diversité des climats et des reliefs rencontrés (façades méditerranéenne et Atlantique, zone Alpine…) placent notre pays au premier rang européen concernant la variété des mammifères, amphibiens et oiseaux. Et cela alors même que 60 000 hectares de terrains agricoles sont engloutis par le béton et le goudron tous les dix ans. L'augmentation constante de la surface forestière, qui a doublé depuis le début du XIXe siècle, contribue notamment à ce maintien de la biodiversité.

Outre-mer, le constat est lui aussi satisfaisant, même si de nombreuses espèces emblématiques sont menacées. Ainsi, en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie, la tortue luth ou l'albatros hurleur sont en danger d'extinction. Malgré une richesse apparente dans ces terres ultra-marines, la France se situe au huitième rang des pays abritant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées, selon le ministère de l'Ecologie.

Selon l'UICN, la dégradation des milieux naturels, la surexploitation des ressources naturelles, l'introduction d’espèces envahissantes, les pollutions, et le changement climatique sont les principales causes d'érosion de la biodiversité française et mondiale, et donc celles contre lesquelles il faut lutter en priorité. Toujours selon l'organisme, et à la lumière des constats précédents, "la France doit avoir une ambition sans précédent" quant à sa politique environnementale. Les autorités semblent d'ailleurs en avoir conscience, puisqu'elles ont commencé à imaginer, dès 2004, une stratégie nationale pour la biodiversité pour définir un plan d'action sur la période 2011-2020.

Rendez-vous dans quelques années pour l'analyse des résultats…