Récupération et recyclage sont les maîtres-mots du programme de TerraCycle en Australie.

S'il y a bien un pays au monde qui peut se déclarer en guerre totale contre la cigarette, c'est l'Australie. Depuis 2012, les autorités locales ont remporté une bataille contre les cigarettiers puisque les paquets sont désormais uniformisés, ornés d'une image choc (poumons brûlés par le tabac, cancer de la gorge, personne hospitalisée, etc...) accompagnée d'un slogan percutant, et l'unique distinction entre les marques est l'inscription du nom du fabricant, dans une police d'écriture identique pour tous les paquets. Les premières études menées sur place montrent d'ailleurs une moindre attractivité des fumeurs pour ces paquets neutres.

Mais l'ultime levier sur lequel le gouvernement australien agit pour lutter contre la tabagisme, c'est le prix du paquet de cigarettes. Alors qu'il coûte déjà aujourd'hui une douzaine d'euros, le gouvernement a annoncé une hausse du prix de 12,5% par an pendant les quatre prochaines années.

Et comme l'île-continent veut vraiment se débarrasser de la cigarette sur son territoire, on apprend ces jours-ci un partenariat avec TerraCycle, une entreprise américaine qui s'implante là-bas avec l'objectif de recycler les mégots usagés. Rappelons qu'un seul de ces mégots peut polluer chimiquement les sols s'il est jeté par terre, ou 500 litres d'eau si les eaux de ruissellement l'entraînent jusqu'à une rivière ou jusqu'à l'océan. TerraCycle prend donc ce problème environnemental à bras le corps.

La première étape consiste alors à récupérer des mégots, et incombe donc au fumeur ou à l'ami de l'environnement qui en trouvera un peu partout par terre. La seconde étape consiste à demander un bon d'envoi à TerraCycle pour une expédition gratuite des déchets dans un centre de traitement. Enfin, la dernière étape est de la responsabilité de TerraCycle. Les mégots sont envoyés dans une usine de recyclage, où le filtre plastique est séparé des matières organiques (papier, tabac) qui y sont toujours attachées. Ces matières organiques sont compostées et iront alimenter les greens de golfs australiens, pendant que le filtre est recyclé et servira à fabriquer des palettes en plastique ou… des cendriers !

TerraCycle précise que 2000 mégots lui sont nécessaires pour produire un kilo de plastique. A 12 euros (pour l'instant) le paquet de 20 cigarettes, cela nous fait le kilo de plastique à 1200 euros. Pas mal, non ?

Photo : KOMUnews/Flickr/CC