Au Japon, une alliance entre un transporteur aérien et deux spécialistes du recyclage pourrait aboutir à la création du premier carburant pour avions issu de vêtements usagés.

Les perspectives d'évolution du trafic aérien mondial dans les deux prochaines décennies donnent le tournis : d'ici 2034, le nombre de passagers empruntant annuellement la voie des airs devrait tout simplement doubler pour atteindre 7,4 milliards de voyageurs ! Plus d'avions dans les airs, c'est aussi plus de kérosène (beaucoup plus !) nécessaire à ces engins qui peuvent engloutir 15 000 litres de carburant par heure, puisés dans des réservoirs de 200 à 300 000 litres.

Pour l'industrie des transporteurs aériens, le recours aux carburants alternatifs va vite devenir indispensable. Des recherches sont évidemment déjà en cours : on pensera ici par exemple au projet d'avion à hydrogène, ou à celui d'avion électrique. Mais cette semaine, c'est une idée étonnante qui a retenu notre attention : Japan Airlines essaie de fabriquer un nouveau type de carburant en misant sur le recyclage des vêtements usagés ! La compagnie s'est pour cela rapprochée de Jeplan (Japan Environnemental Planning : un spécialiste du recyclage en tous genres, de la fibre textile aux D3E) et de Green Earth Institute Tokyo, qui concentre son énergie sur la recherche dans les bio-carburants issus de ressources non-alimentaires.

La méthode développée par ces trois-là consiste à utiliser des micro-organismes capables de dégrader les sucres contenus dans le coton des vêtements usagés et de les transformer en alcool. Alcool qui sera lui-même converti en carburant. La méthode permet pour l'instant de convertir 100 tonnes de fibres textiles en 10 000L de carburant. Des estimations ont été faites : même en utilisant tout le coton consommé annuellement au Japon, cette méthode ne répondrait pas à 1% de la consommation en kérosène de toutes les compagnies de l'archipel. Néanmoins, Japan Airlines et ses partenaires poursuivent dans cette voie et espèrent tester les premiers avions volant avec un mix kérosène/carburant recyclé en 2020, et faire tourner une usine dédiée à ce procédé en 2030. Usine qui sera sans doute enrichie de l'autre procédé industriel sur lequel travaillent Jeplan et Green Earth Institute : la transformation de déchets des usines papetières en combustible.

Les avions hybrides au Japon, c'est déjà demain ?

Photo : Muhammad Fiji/Flickr/CC