Pour en finir avec la pollution des chewing-gums jetés sur les trottoirs, une marque anglaise lance un produit biodégradable : le Rev7.

"Revolymer". Voilà un nom de société qui sonne définitivement moins bien que "Hollywood" ou "Freedent". Pourtant, cette marque anglaise attaque les deux géants sur leur terrain de prédilection, celui des chewing-gums. Pour se différencier et ne pas proposer des bonbons à la menthe verte ou à la menthe poivrée (les deux parfums disponibles) qui viendraient s'ajouter à ceux déjà existants, Revolymer a imaginé un chewing-gum biodégradable. Là où une gomme à mâcher classique met 5 ans à se dégrader, le Rev7 (nom du produit) disparaît en six mois à peine, et présente un autre avantage : celui de ne pas coller.

Un progrès considérable pour les services de voirie de toutes les villes de France, qui voient des passants mal-élevés cracher leurs gommes à même le sol au lieu de faire quelques pas de plus pour atteindre la poubelle la plus proche. Résultat, quand il ne s'accroche pas à votre semelle, le chewing-gum se soude au sol et devient très difficile à enlever. Si par miracle un nettoyage à haute-pression arrive à le décoller, il laissera malgré tout une belle tache au sol, donnant une impression générale de saleté au trottoir.

Et c'est peu dire que la France est coutumière du fait, puisque nous sommes, derrière les intouchables Américains, les seconds consommateurs mondiaux de chewing-gums. Sur les 374 milliards de pastilles fabriquées chaque année (soit 3 millions de tonnes), les Français en consomment 15 milliards. Si le Rev7 se démocratise, ou si ses concurrents s'inspirent de sa composition pour rendre leurs produits biodégradables, il en sera peut-être bientôt fini de cette pollution latente qu'est celle des chewing-gums dans nos rues.

Après avoir conquis les Etats-Unis et le Canada, l'entreprise créée en 2005 lance son produit en Europe, un nouveau marché qu'elle espère bien marquer de son empreinte. La Commission Européenne a autorisé sa mise sur le marché, et c'est l'Irlande qui le lance en premier parmi les 27 membres de l'Union. Si les dirigeants de Revolymer nous lisent, nous leur suggérons de se pencher désormais sur les mégots de cigarettes, autre pollution citadine omniprésente. Là aussi, il y a un beau défi à relever… 

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