Le berceau d’une des pires catastrophes nucléaires de l’Histoire accueillera bientôt une immense ferme solaire.

Le 26 avril 1986, au nord de l'actuelle Ukraine qui appartenait encore à l'époque à l'URSS, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl subit une succession d'erreurs humaines qui y provoqueront le départ d'un incendie puis, après une réaction en chaîne, aboutiront à l'une des plus grandes catastrophes nucléaires de l'Histoire.

D'immenses quantités d'éléments radioactifs ont été libérés dans l'atmosphère, contaminant largement l'Europe au gré des vents et rendant les environs immédiats de la centrale inadapté à toute vie. Les autorités décidèrent alors de créer une zone d'exclusion, soit un périmètre de 30 kilomètres autour de la centrale de Tchernobyl, où il est interdit de vivre, de cultiver ou d'exploiter la moindre ressource naturelle. Bref, cette zone est considérée comme morte pour encore au moins les deux siècles à venir.

Mais en juillet 2016, le ministre ukrainien de l'environnement a lancé une proposition un peu folle : recouvrir ces dizaines d'hectares de panneaux solaires et transformer la zone d'exclusion en une des plus grandes fermes solaires de la planète. Pour encourager l’installation d’un tel réseau de production d’électricité photovoltaïque, le gouvernement ukrainien a choisi de brader le prix des terres de la zone d’exclusion, pour attirer les investisseurs. Contrat rempli puisqu’un premier projet mené par deux entreprises ukrainienne et allemande va débuter dans quelques jours : un million d’euros mis sur la table pour une production d’un mégawatt, et un prix de rachat de l’énergie produite près de 40% supérieur à la moyenne européenne, garanti jusqu’en 2030.

Les promoteurs de cette ferme éolienne ne comptent pas s’arrêter là et espèrent à l’avenir que des financements à hauteur de 100 millions de dollars permettront de produire une quantité d’énergie de 100 MW, de quoi fournir 600 000 foyers en électricité. Bel horizon en perspective.

Croire de nouveau en Tchernobyl, qui l’eût cru ?

Photo : ClayGilliland/Flickr/CC