La Norvège propose pour la première fois au monde, de bâtir un porte-conteneur 100% électrique. Le début d'une nouvelle ère pour le fret maritime ?

Sur les océans ces dernières années, les porte-conteneurs assurent les transports de marchandises entre les grands ports mondiaux à des prix défiant toute concurrence. Les plus grands bateaux de ce type sont capables de transporter jusqu'à 20 000 conteneurs, pour un chargement avoisinant les 200 000 tonnes. Ces véritables monstres des mers ont évidemment un appétit dévorant en ce qui concerne le carburant, dont ils peuvent brûler 300 tonnes par jour. Et on ne parle pas là d'un carburant standard, mais plutôt d'un résidus de raffinerie chargé en métaux et en soufre (lire à ce propos cet article du Monde) qui fait qu'on estime qu'un seul porte-conteneur géant pollue autant que 50 millions de voitures ! En somme, il est urgent de mettre une dose d'écologie dans le transport de fret maritime.

C'est justement ce que deux entreprises norvégiennes envisagent pour la fin de l'année 2018 en construisant le Yara Birkeland. Ce porte-conteneur équipé d'une motorisation 100% électrique, une première mondiale, n'a pas été imaginé pour les traversées océaniques, mais pour relier certains ports locaux entre eux. En effet, l'une des entreprises à l'initiative du projet, Yara, est un spécialiste de la production d'engrais basé à Porsgrunn, au fond d'un Fjord. Pour expédier sa production vers Brevik et Larvik, deux zones portuaires de la mer du Nord situées à quelques dizaines de kilomètres de son usine, en vue de l'exporter, Yara envoyait jusqu'à présent une centaine de poids lourds, chaque jour, sur les routes scandinaves.

Grâce au Yara Birkeland construit dans les chantiers du spécialiste naval norvégien Kongsberg, ce sont 40 000 de ces trajets diesel (et les émissions de micro particules inhérentes) qui seront évités annuellement grâce à la motorisation électrique du futur navire, capable de croiser à une vitesse de 15 noeuds (30 km/h) et qui offre une autonomie de 120 kilomètres. La Norvège réfléchit déjà à l'étape suivante et envisage, à l'horizon 2020, de rendre le bateau autonome.

"Terminator 2" avait vu juste : les machines prennent le contrôle...

Photo : www.kongsberg.com