Et si l’énergie piézoélectrique, qui convertit les mouvements humains en électricité, était l’énergie renouvelable de demain ?

Dans la grande famille des énergies renouvelables, je demande l’énergie piézoélectrique, créée à partir du mouvement humain. Attention, nous ne parlons pas là d’un fantasme d’ingénieurs qui ne verra jamais le jour, mais bel et bien d’une énergie propre qui a déjà passé avec succès la phase de tests : à Toulouse, un trottoir équipé de dalles spéciales (qui créent un signal électrique lorsqu’elles sont mises sous contrainte, quand on leur marche dessus) alimente en électricité les réverbères alentours. Et en Inde, c’est un complexe sportif entier dédié au cricket qui a ses allées équipées de ces fameuses dalles pour tirer de l’énergie des piétinements des dizaines de milliers de visiteurs qui se pressent chaque jour de match. Dans ces deux cas, la piézoélectricité a pour but d’économiser de l’énergie, ce qui est très louable.

Mais cette technologie exploitable dans tous les endroits peuplés du globe s’exporte désormais en Afrique, où elle fournit directement de l’électricité à des populations qui n’attendaient que ça. Ainsi à Lagos, pourtant capitale économique du Nigeria et ville la plus peuplée d’Afrique (plus de 20 millions d’habitants), certains équipements de quartier sont délaissés, ou ne sont jamais connectés au réseau énergétique, la faute à une urbanisation parfois anarchique, et deviennent alors inexploitables sitôt la nuit tombée.

Pour l’un des nombreux terrains de football de la ville, tout cela appartient désormais au passé puisque des exemplaires de dalles piézoélectriques ont été disposés sous le gazon pour récupérer l’énergie des joueurs, venant s’ajouter à des panneaux solaires disposés autour du terrain qui accumulent de l’énergie durant la journée : un dispositif complémentaire qui alimente 6 projecteurs à LED basse consommation qui permettent aux enfants du quartier de jouer au football une fois la nuit tombée. Si ce genre d’installation n’est pas une première mondiale (une favela de Rio en avait bénéficié en 2014, en amont de l’organisation par le Brésil de la Coupe du monde de football), elle est néanmoins inédite en Afrique.

Et ses promoteurs (le pétrolier Shell, entre autres, qui tente sans doute de faire oublier ses activités pétrolières bien moins admirables) se sont même offerts un joli coup de pub en conviant à l’inauguration Akon, le rappeur américain qui s’est engagé dans l’électrification de l’Afrique grâce à la seule énergie solaire via son ONG « Lightning Africa ».

Vivement la suite !

Photo : NikoKnigge/Flickr/CC