Siemens teste en Allemagne, sur une dizaine de kilomètres, la faisabilité d'une autoroute électrique.

S’il doit y avoir, demain, une révolution verte, elle sera à attribuer à la sphère politique (qui aura enfin su mettre en place les dispositions légales pour réussir), aux citoyens (dont les efforts au quotidien sont à la base de tout), et aux industriels. Oui, les industriels.

Car si une partie d’entre eux ont bâti de véritables empires - qui continuent d’ailleurs aujourd’hui de prospérer - sur des technologies désormais dépassées, cela ne les empêche pas d’investir massivement dans la recherche et développement pour rester, demain, leaders dans leurs domaines tout en prenant enfin en compte le facteur environnemental. Air Liquide, par exemple, s’essaie à la voiture à hydrogène. Les constructeurs automobiles, planchent sur des versions électriques de leurs voiture. Et en Allemagne, le géant Siemens investit dans une technologie du passé pour préparer le futur du transport routier.

Pensez donc, l’industriel aux 75 milliards d’euros de chiffre d’affaires remet à la mode le bon vieux caténaire, celui qu’on utilisait déjà à l’aube du XXe siècle pour alimenter les premiers trolleybus des grandes villes de l’époque. Ainsi, sur une portion d’autoroute d’une dizaine de kilomètres à deux pas de Francfort, un réseau de caténaires a été installé. Sur les deux voies réservées à la circulation, la plus à droite propose donc aux camions équipés de pantographes (le bras articulé au-dessus des tramways ou des trains qui relient le véhicule à une alimentation électrique) de rouler à l’électrique, sans émettre la moindre particule de CO2.

La portion ainsi équipée étant limitée à 10 kilomètres, les poids-lourds qui l’utiliseront devront avoir une motorisation hybride, avec un moteur thermique capable de prendre le relais à tout moment. Le projet (déjà testé en Suède par le constructeur de poids-lourds Scania, par ailleurs également lié à ce projet) pourrait économiser un tiers des émissions de CO2 liées au transport routier - soit 6 millions de tonnes tout de même - si toutes les autoroutes du pays étaient équipées de la sorte. Mais nous n'en sommes évidemment encore pas là.

Rendez-vous dans le futur pour un premier bilan.

Photo : www.siemens.com