Réduire le nombre de labels tout en renforçant les critères de qualité : voici la proposition du CESE.

Label AB, Eurofeuille, Max Havelaar pour le commerce équitable, Le lait d'ici, C'est qui le patron ?!, etc... S'il choisit de faire ses courses dans les réseaux de grande distribution, et qu'il décide d'être attentif à la qualité et à l'origine des produits qu'il achète, le consommateur lambda est vite confronté à la jungle des labels.

Les membres du Conseil économique social et environnemental (CESE), une organisation socio-professionnelle réunissant des membres de syndicats, du patronat et d’associations, semblent convenir de la croissance exponentielle de ces labels et sont décidés à y mettre un peu d’ordre. Pour cela, le CESE propose une refonte des labels reconnus par les professionnels comme les « 5 signes officiels de qualité et d’origine »: l’AOP/AOC, l’IGP, le label Bio (qui garantit aussi bien le respect de l’environnement que le bien-être animal), le Label Rouge, ou le STG (Spécialité traditionnelle garantie). Parmi les 18 propositions formulées par le Conseil, l’une d’elle a particulièrement retenu notre attention, puisqu’elle consiste en la création d’un nouveau sigle « Agriculture biologique locale et équitable ».

Dans les faits, les produits qui arboreront le nouveau logo (pas encore imaginé) devront respecter les règles de l’agriculture biologique, et se soumettront à des critères de proximité entre les lieux de production, de transformation et de commercialisation, mais aussi à une analyse complète de leur cycle de vie. En imposant à tous les producteurs voulant bénéficier du futur label commun un cahier des charges très strict en matière environnementale, le CESE favorise l’adoption de méthodes de production saines. Et en y ajoutant une dimension de proximité, le Conseil élimine, de fait, les aliments qui parcourent le monde de long en large avant d’arriver dans nos rayons et affichant, de fait, une empreinte carbone rédhibitoire. A ce sujet, l’article « Les produits alimentaires des supermarchés ont-ils vraiment parcouru 2400km en moyenne ? » de Libération est passionnant.

Les produits labellisés « Agriculture biologique locale et équitable » sont-ils pour demain ? Pas forcément, l’avis du CESE n’étant que consultatif. Il reviendra aux sénateurs, qui travailleront sur la loi Alimentation d’ici quelques jours, de l’inclure ou non dans les débats.

Affaire à suivre.