Une quantité incroyable de déchets en tous genres arrive chaque année dans les centres de tri, d'enfouissement, d'élimination et autres déchetteries.

La société de consommation : des déchets en quantité incroyable

En France, pas moins de 325 millions de tonnes de déchets ont été produits pour la seule année 2014, d'après les statistiques réalisés par l'Ademe, avec le secteur BTP représentant près de 75% de cette production. Au niveau international, on peut dire que le monde n'avait jamais connu ça avant l'avènement de nos sociétés modernes. Certains pays du tiers-monde, notamment en Afrique et en Asie, reçoivent les déchets électroniques venus de l'Occident. Complexes à recycler, les métaux précieux, comme le cuivre, le palladium et l'or, sont récupérés avant que les déchets terminent dans des décharges sauvages, polluant cours d'eau, terres et nappes phréatiques. Il faut dire que depuis l'industrialisation de nos pays occidentaux, nos rapports avec les déchets n'ont pas toujours été au beau fixe, ni même bien logiques. On peut prendre comme exemple, parmi tant d'autres, cette scène qui se déroule en France dans les années 60 où, sous prétexte de créer des récifs artificiels en pleine mer, le gouvernement a fait couler des milliers de pneus dans la mer Méditerranée et dans l'océan Atlantique sur des sites classés "Europa 2000". L'intention était de créer, grâce à ces déchets, des lieux de vie pour les animaux marins. Il va sans dire que ce fut un échec total puisque les pneus génèrent une pollution nocive pour les organismes aquatiques, ils dégagent des hydrocarbures en se dégradant et qui plus est, ils se dispersent au gré des courants marins et des tempêtes ! Depuis quelques années, le ministère de l'écologie tente de réparer cette bévue en repêchant ces déchets en pleine mer, le mal est fait mais mieux vaut tard que jamais.

Le XXIe siècle pose les bases de la valorisation à grande échelle

Pas besoin d'être écologiste pour comprendre que les déchets sont dangereux, nuisent à l'environnement, à la santé humaine et modifient les lieux naturels où ils se dispersent. Ce n'est pas les quelques 38 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés collectés par les services publics via les camions bennes ou mini pelle qui changeront la donne. Fort heureusement nous arrivons dans une époque qui franchit un cap, celui de la responsabilité à l'égard du monde dans lequel nous vivons et des personnes qui le peuplent. En plus d'être en train de comprendre que les ressources sur lesquelles nous sommes assis ne sont pas illimitées, nous nous apercevons que les déchets s'avèrent être une véritable mine d'or ! L'exemple des pneus est parlant puisqu'ils auraient pu servir à fabriquer des dérivés bitumineux pour concevoir des routes ! Nous sommes dans l'ère de la valorisation, un procédé qui est, somme toute, tout à fait légitime et cohérent avec les lois de la nature. En effet, rien ne se perd, tout se transforme ! Il y a, bien sûr, des catégories de déchets inhérents à notre monde moderne qui ne pourront jamais être valorisées : les sinistres déchets nucléaires, les déchets amiantés et d'autres, moins dangereux, que l'on nomme les déchets ultimes qui ne sont pas facilement recyclables. Les innovations, la technologie moderne et la bonne organisation du tri et de la collecte permettent pourtant de recycler, en France, près de 60 % de tous nos déchets ! Une quantité considérable qui permet de valoriser de nombreuses choses. Par exemple, saviez-vous qu'une simple bouteille en plastique peut être recyclée sept fois avant d'être considérée comme un déchet ultime ?

 

Certaines recherches au sujet de la valorisation ont même de la suite dans les idées. C'est le cas par exemple d’une étude américaine qui démontre qu'il serait possible de mettre en place un système afin de récupérer les particules de métaux, précieux ou non, dans les boues de station d'épuration ! En effet, ces boues sont largement utilisées dans l'agriculture mais elles posent problème car elles sont contaminées par ces métaux. C'est une idée qui peut paraître saugrenue et difficile à mettre en place, mais elle permettrait de dépolluer les boues tout en récupérant des métaux comme l'or, l'argent, le platine, ou encore le cuivre dans des quantités assez importantes.

Une filière sous les feux des projecteurs : le BTP

Nous ne sommes donc pas au bout de nos surprises en matière de valorisation des déchets. De nombreuses techniques demandent à être perfectionnées, encore beaucoup de personnes devront être sensibilisées, de même que les futures générations qui devraient apprendre à l'école que le recyclage est un geste citoyen indispensable. En attendant, certains secteurs d'activité se démarquent du lot en revoyant complètement leur copie. C'est le cas de l'un des secteurs qui produit le plus de déchets en France : celui du bâtiment et des travaux publics, qui plus est souvent dévalorisé. Les chantiers de voiries, de constructions, de démolitions ou de réhabilitations ont toujours été à l'origine d'une grande quantité de déchets en tous genres, métaux, plastiques, verres, gravats, etc. Depuis quelques années, les entreprises de ce secteur et les maîtres d'ouvrage ont pris pleinement conscience qu'un chantier moderne doit être avant tout un chantier où tout est susceptible d'être valorisé et recyclé efficacement. Avec le développement des techniques, des matériels équipés des dernières technologies et d'une organisation de travail optimisée, il est maintenant possible, pour les entreprises du BTP, de mettre en place un système où un maximum de déchets sont valorisés. Il en va de la réputation de l'entreprise à mener des chantiers propres et respectueux mais aussi, économiquement, il s’agit de dépenser le moins possible pour l'évacuation et le traitement des déchets. En effet, si l'entreprise apporte des déchets mélangés au centre de traitement, elle paie un prix beaucoup plus élevé que si ces déchets étaient séparés par catégories. De plus, il est complexe et difficile de trier des déchets mélangés qui proviennent de chantier, par conséquent, une grande partie de ce qui peut être valorisé terminera dans un centre d'élimination. L'entreprise a donc tout intérêt à procéder au tri directement sur le chantier. De cette manière elle peut sélectionner les déchets qui peuvent lui être utiles, en vue d'une réutilisation sur un autre chantier, par exemple, pour le nivellement d'une zone de déconstruction avec des gravats, ou encore, avec du béton, pour être concassé et criblé et servir dans l'aménagement urbain. Par ailleurs, l'idée de trouver les matériels adéquats, spécialisés dans le traitement des déchets ménagers et des débris du BTP est primordiale. 

Bien que produisant la plus grosse portion des déchets, ce secteur du BTP tend à réinventer ses pratiques et ses méthodes, de manière à effectuer un travail de qualité tout en pérennisant les techniques de valorisation des déchets. La diversité et la quantité de ces déchets étant très large, il s'agit là d'une véritable manne en matière de recyclage. Il y a évidemment la loi sur la transition énergétique qui joue un rôle prépondérant dans l'attitude à adopter par rapport aux déchets du BTP, puisqu'elle fixe à 70 % la quantité de déchets devant être valorisés par le secteur d'ici 2020. Cependant, d'un point de vue général, on ne peut que constater le changement positif que ce secteur a connu en seulement quelques dizaines d'années. L'avenir nous réserve certainement encore quelques bonnes sources d'innovations surprenantes dans les années futures, que ce soit en matière de valorisation des déchets, d'efficacité des méthodes de travail et même d'utilisation de matériaux et de matériels modernes et technologiques qui permettront, encore, des progrès considérables.