Transfuge de Monoprix, Alain Carini a vite pris le pli Naturalia. Ici, l’important c’est le produit, le produit et encore le produit. Mais pas seulement ses qualités écologiques...

Pour Alain Carini, ce qui convaincra les gens de passer à la bio, c’est le goût ! En tout cas lui, c’est ce qui l’a converti et c’est le message que l’enseigne a cherché à faire passer en inaugurant à l’occasion de Pâques un message de marque plus « gourmand », qui vient enrichir son image militante. Une façon de montrer que la bio est aussi bonne pour la santé et l’environnement que pour les papilles !

1. vous êtes plutôt « bio baba (cool) » ou « bio bobo » ?

Ni l’un ni l’autre ! On aime pas beaucoup les petites boites ici… (rire) Bio gourmand ça c’est sûr. Bio à 100% aussi, ce qui n’était pas le cas en arrivant chez Naturalia. A l’époque j’étais préoccupé d’écologie mais en tant que responsable logistique chez Monoprix, je travaillais notamment sur les moyens de diminuer l’impact des transports sur l’empreinte écologique de l’enseigne.

Une partie de mon alimentation était bio mais en arrivant ici, on ne peut pas faire autrement que de s’y mettre à 100%. J’ai découvert tout un univers alimentaire, j’ai appris en particulier à remplacer une partie des protéines animales de mon alimentation par du végétal sans pour autant renoncer au goût. Les convictions écologiques comptent beaucoup dans l’adoption d’une alimentation bio mais personnellement j’y suis d’abord venu par le goût.

2. a quoi ressemble votre weekend idéal ?

Je commencerais le weekend en allant courir au Jardin des Plantes. Après, j’irais déjeuner avec des amis à Soya Cantine, un resto végétarien près de république, c’est excellent et les filles qui le tiennent sont très sympa.

Ensuite, je suis resté très proche de ma famille donc je crois que je passerais le dimanche chez mes parents avec mes neveux, ma sœur, etc. Et puis un concert pour couronner le tout, musique classique de préférence.

3. de quoi/qui êtes-vous fan ?

Il y a 2 personnes qui comptent beaucoup ici, c’est Pierre Rabhi et Claude Bourguignon.

Pierre Rabhi parce qu’il rayonne d’humanisme. Je ne l’ai jamais rencontré et pourtant quand je pense à lui j’ai des frissons ! Il fait partie des gens qui nous inspirent beaucoup chez Naturalia.

J’ai aussi beaucoup aimé l’intervention de Claude Bourguignon dans le film de Colinne Serreau (Solutions Locales pour un Désordre Global, NDLR) parce qu’il sait « faire comprendre » les choses, il emploie des images très fortes qui nous rappellent pourquoi on fait ce qu’on fait…

Et puis dans le domaine musical, il y a Jascha Heifetz, un grand violoniste des années 50…

4. le monde de demain, croissant ou décroissant ?

Ca a été un gros débat chez Naturalia : « Est-ce que c’est bien d’être une entreprise en croissance ? ». Finalement, nous sommes arrivés à la conclusion que l’on fait une activité dans laquelle on croit et que l’on souhaite voir se développer parce qu’on est convaincu qu’elle est vertueuse. Mais c’est vrai que dans le même temps il faut espérer que les activités plus polluantes décroissent. Croissance et décroissance doivent être sélectives.

L’autre sujet c’est celui de la compatibilité entre la bio et la croissance. Chez Naturalia on tient beaucoup à la proximité humaine qui fait partie de notre identité, de notre culture. Il faut trouver un modèle de croissance qui nous permet de rester fidèle à ces valeurs…

5. demain matin, croissant ou pain au chocolat ?

Ni l’un ni l’autre ! Le matin c’est café et pain, j’aime beaucoup le pain aux fruits secs. En ce moment je prends aussi un verre de jus de grenade (de chez Naturalia…). Pas pour le côté antioxydant mais là encore pour le goût… j’adore ça !

6. un pêché pas écolo à confesser ?

Je ne conduis pas, je n’ai pas le permis mais il m’arrive de prendre le taxi… Je m’en veux un peu à chaque fois mais c'est pratique quand je finis très tard le soir.

7. l’émission TV ou Radio à ne pas rater ?

J’aime beaucoup l’émission de Taddeï, Ce soir ou jamais, il m’arrive souvent de rentrer à l’heure où elle commence. Je trouve qu’il y a un vrai dialogue et que l’on y apprend des choses. Enfin il m’arrive quand même de m’endormir devant… (rire)

J’aime aussi Ca balance à Paris sur Paris Première. C’est un talk show de critique culturelle qui passe le samedi après-midi et le dimanche matin. Ca me donne des envies culturelles, de théâtre, de lecture…

A la radio, je suis une émission de France Musique qui s’appelle la Tribune des Critiques de Disques. Je l’écoute depuis que j’ai 10 ans ! C’est l’émission qui m’a amené à la musique classique. Ils choisissent une œuvre et en comparent plusieurs versions, ça aide à comprendre la musique… c’est le meilleur moyen de l’apprécier.

8. votre argument imparable pour contrer un écolo-sceptique ?

Sur la bio en particulier, quand quelqu’un est vraiment hermétique je trouve que le meilleur moyen de le convaincre, c’est de lui faire gouter les produits. Ça ne marche pas à tous les coups, mais ca peut être très efficace avec les produits de base notamment, comme les pommes, les yaourts ou le jambon. Chez Naturalia, on achète notre jambon à des charcutiers qui travaillent à l’ancienne, ils font la découpe à la main, et font eux même leur salaison, ça lui donne un gout nettement supérieur.

9. mer ou montagne ?

Les 2. Je suis adepte du tourisme « nature » quel qu’il soit.

10. la France pionnière du nucléaire, bonne ou mauvaise nouvelle ?

Je pense que c’est une mauvaise nouvelle parce qu’on sait pertinemment qu’il faudra en sortir, étant pionnier ce sera plus difficile pour nous que pour les autres. Mais c’est une question très difficile.

Il se trouve que j’ai débuté ma carrière en tant que consultant et j’ai été amené à travailler pour une centrale nucléaire française sur des questions d’organisation interne. Ça a été très intéressant parce que je considérais vraiment le nucléaire comme un problème, j’étais très réticent mais je dois avouer que j’ai été séduit par les gens qui travaillent dans les centrales. Je les ai trouvés très conscients de leur responsabilité. Clairement, ce ne sont ni des «apprentis sorciers », ni des « méchants ».

A l’époque ca m’a perturbé et aujourd’hui, quand je pense à la question du nucléaire je garde ça en tête. Malgré tout, tant que la question du traitement des déchets n’est pas résolue, je crois qu’il est inconcevable d’être pro-nucléaire.

11. quel est le prénom de Yann Arthus Bertrand?

Yann !

12. le dernier album que vous avez acheté : CD ou MP3?

C’était du Bach, les Variations Goldberg au clavecin par Céline Frisch. Bach est un auteur que j’écoute énormément. Je l’ai même fait écouter à une réunion mensuelle des responsables ici ! Nous avions de bons résultats et j’avais envie de marquer le coup mais je trouve que les chiffres c’est trop froid… alors je leur ai passé le Sanctus de la Messe en Si ! Je ne sais pas si tout le monde a compris mais ils ont applaudit à la fin !

Pour le support, je suis resté très CD, voire Vinyl, mais je les copie sur mon ipod !

13. quel est l'impact du patinage artistique sur la fonte des glaces ?

Aucune idée ! (rire)

+ d'info: Naturalia, la Fondation Pierre Rabhi, le laboratoire de Claude et Lydia Bourguignon, Soya cantine, Solutions locales pour un Désordre global, Ca balance à Paris, Ce soir ou jamais, La tribune des critiques de disques, Jascha Heifetz sur Wikipedia