La ministre de l'Ecologie veut croire qu'il existe un espoir que le sommet Rio+20 soit un succès. On était là...

En ce début d'après-midi ensoleillé, la Ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie Nicole Bricq recevait au ministère pour présenter la conférence des Nations-Unies sur le DD, Rio+20. Première information : la ministre sera sur place dès le 18 juin, alors que les chefs d'Etat eux, n'arriveront que le 20. Le 20… à Rio+20… à se demander s'ils ne l'ont pas fait exprès, tiens. Bref, Nicole Bricq nous signale que son ministre délégué au développement, Pascal Canfin, a reçu un accueil plus que motivé de la part du président de la République quand le sommet brésilien a été évoqué en Conseil des Ministres. De bon augure ? Peut-être.

Mais la France a beau être motivée (elle est le premier financeur mondial du développement durable), rien n'empêche pour l'instant de penser que Rio+20 pourrait être un échec, un risque déjà évoqué par François Hollande en fin de semaine dernière. L'un des principaux enjeux sera la création d'une Agence mondiale, ou d'une Organisation Mondiale de l'Environnement, qui naitrait en fait d'une refonte du PNUE.

Seulement voilà, si l'UE a reçu le soutien de l'Union Africaine sur la question, et si la Chine (qui a de gros intérêts sur le Continent Noir) et l'Inde sont susceptibles de soutenir cette nouvelle Agence dont le siège se situerait alors au Kenya, à Nairobi, les Etats-Unis et le Canada sont eux opposés à cette OME. Encore plus inquiétant : Barack Obama, en pleine campagne pour sa ré-élection, ne se déplacera même pas à Rio. En même temps, il s'agit là d'une demie-surprise, venant de pays qui ne montrent aucune envie de faire des efforts pour réduire leurs émissions de CO2. Se souvenir du protocole de Kyoto, que les USA n'ont jamais ratifié, et dont le Canada a voulu se retirer à la fin de l'année 2011.

La conférence continue et, quelques jours avant de prendre l'avion, la Ministre a tenu à rappeler l'importance des collectivités territoriales dans la ratification et l'application d'un éventuel traité. Et comme nous sommes face à une femme politique, le taquet adressé aux différents gouvernements de Nicolas Sarkozy ("Les collectivités ont été quelque peu délaissées par la mandature précédente") ne surprend pas vraiment. Elle profite de l'occasion et des nombreux médias présents pour adresser un message de soutien à Ségolène Royal, en situation délicate au second tour des législatives à La Rochelle, dont elle fut la conseillère au Cabinet, lorsque la présidente de la région Poitou-Charente occupait le siège suprême au ministère de l'Ecologie, en 1992. 1992 : l'année du Sommet de la Terre de Rio.

Quoiqu'il en soit, le Sommet sera compliqué et les négociations difficiles. Dilma Roussef, présidente du Brésil, a d'ailleurs fixé au 19 juin au soir la fin des négociations, montrant par là une forte volonté d'arriver à un accord. Nos représentants auront évidemment un rôle majeur à jouer : "La France est écoutée, il faut qu'elle soit entendue. (…) Quoiqu'il arrive, il y aura un 'avant' et un 'après' Rio". Amen.