Le camion est le roi du moment. Malgré lui.

 

Avec l'éruption du volcan islandais et l'interdiction de vol au-dessus de l'Europe pour les compagnies aériennes, les routiers reprennent le pouvoir. Le fret routier prend le relais du fret aérien. Des milliers de camions supplémentaires sillonnent les routes d'Europe. En temps normal, les camions seuls sont responsables de 7% des émissions de CO2 en France. Ce ne sont pas quelques centaines de camions de plus ou de moins pendant 4 jours qui changeront la donne, mais bon.

En plus de cela, cette semaine, Jean-Louis Borloo et son secrétaire d'Etat aux transports Dominique Bussereau, ont annoncé le report de l'application de la taxe poids lourds. Celle-ci visait à faire payer les sociétés de transport routier pour chacun de leurs camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur les 12000 kilomètres de routes nationales et d'autoroutes gratuites en France.

Les 600 000 camions français et les 200 000 véhicules étrangers qui empruntent ces tronçons chaque année étaient censés rapporter un milliard d'euros par an, renflouer un peu les caisses de l'Etat et encourager les modes de transport de fret alternatifs comme le ferroutage ou le transport fluvial. Mais non, finalement.

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L'optimisme était pourtant de mise il y a encore un an avec le Grenelle Environnement, une belle initiative, portée par les autorités compétentes. Puis est arrivé l'échec de Copenhague, indépendant du Grenelle, qui a plus ou moins provoqué la suspension de la taxe carbone il y a quelques semaines. Et aujourd'hui le report de la taxe poids lourds vient conclure un processus de mise à l'écart des engagements écologiques pris par le candidat Sarkozy à l'époque. "Un pas en avant, deux pas en arrière", serait-on tenté de dire.