Quand on entend parler de commerce équitable, on pense immédiatement à ce mode d'échange qui tend à mieux rémunérer les petits producteurs souvent exploités par une société consumériste qui ne les considère même pas. De grandes marques ont bâti leur réputation sur le commerce équitable, comme Etiquable ou Alter Eco.  Quant au  respect de la nature, il va plus souvent de pair avec l'agriculture biologique : sans engrais ni pesticides, elle laisse la vie se développer sous terre ou en surface, rendant la terre meilleure, et avec elle ce qui y pousse. Si cette opposition entre agriculture bio et commerce équitable vous surprend, il faut  bien savoir qu'aujourd'hui, la moitié des produits équitables sont bio.

Si vous en avez l'occasion, le film de Coline Serreau ("Solutions locales pour un désordre global") contient une séquence édifiante, où sont comparées deux portions de terre : l'une prélevée dans le champ d'un agriculteur "productiviste", l'autre à la lisière d'une forêt, non exploitée. Dans l'une, rien que de la terre compactée à un point tel qu'elle en a une apparence minérale, de l'autre, une matière aérée et humide, avec des dizaines d'insectes qui la parcourent. L'une se fiche pas mal de la vie, l'autre la préserve. La même comparaison sera faite plus tard avec une portion de terre "bio", pour un résultat identique. Alors, le bio unique protecteur de la biodiversité ? Plus maintenant.