Le bonus écologique remis en cause ?

 

 

Lors de la mise en place du Grenelle Environnement, une des mesures phares du plan était l'établissement d'un système de bonus/malus écologique à l'achat de véhicules neufs. Le principe était simple : si une voiture émettait moins de 125 grammes de CO2 par kilomètre, l'acheteur bénéficiait d'un bonus écologique (une aide de l'Etat) pouvant aller de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros. A l'inverse, l'achat d'un véhicule qui émet plus que le seuil défini entraînait un surcoût (une sorte de taxe écologique) variant lui aussi de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros. Les acquéreurs de Hummer ont dû casquer. En 2007 la mesure a coûté à l'Etat 214 millions, puis 525 en 2009, et encore 510 (710 millions de bonus, 200 de malus) cette année.

Dans un contexte où l'automobile commence à se refaire une (toute) petite santé et où l'Etat annonce un budget 2011 très serré, ce poste de dépenses a sans doute paru trop élevé aux décideurs, qui modifient donc les seuils des véhicules éligibles à ce bonus/malus. Les efforts des constructeurs ces dernières années ont abouti à de nouveaux véhicules, qui, pour la plupart, émettent moins de 125 grammes de CO2 : le nombre de voitures pouvant bénéficier du bonus est en nette augmentation. A la bonne heure. L’Etat change donc les règles, et pour êtres éligibles au bonus, les véhicules ne devront pas dépasser 120 grammes de CO2 au kilomètre. Bien que critiquée à son instauration puisqu'accusée d'aider les constructeurs français, spécialistes de la petite voiture, ces bonus et malus écologiques ont toutefois contribué à placer les voitures françaises parmi les moins polluantes d'Europe. Et qui sait, si les constructeurs poursuivent dans cette voie, peut-être l’Etat devra-t-il encore abaisser le seuil d’émissions dans les années à venir.

Reste tout de même une super-prime de 5000€ pour les véhicules émettant moins de 60 grammes de CO2 (et donc les voitures électriques). La région Alsace a même annoncé vouloir doubler ce super bonus pour les 500 premières personnes qui s'équiperont d'une voiture électrique dans la Région. Qui osera s’en inspirer ?