Selon quatre grandes structures internationales (Fairtrade Labelling Organizations, World Fair Trade Organization, Network of European Worldshops, European Fair Trade Association), le commerce équitable pourrait se définir comme "un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète. Les organisations du commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel".

Voilà une excellente définition, mais pourquoi ne s'appliquerait-elle pas aussi aux productions des pays du Nord ? Le commerce dans les pays développés est loin d'être équitable et durable, et l'on est en droit de s'interroger : pourquoi s'occuperait-on des problèmes des voisins avant de régler les nôtres ? Les conditions de travail des agriculteurs français ne sont pas les meilleures, et la qualité de leur produits est altérée par les modes de production de l'agriculture intensive qui ne respectent pas l'environnement.

Depuis peu, on voit donc émerger le concept de "commerce équitable Nord-Nord", locution paradoxale, puisque la définition de commerce équitable comprend intrinsèquement la relation entre les petits producteurs des pays du Sud et les circuits de distribution des pays du Nord. Pour les partisans d'une économie mondiale équitable et durable, il est temps de revoir la copie du commerce équitable en y incluant le facteur "local". Où en sommes-nous du commerce équitable Nord-Nord ? Un petit dossier pour faire le point.