Et si les frites dans nos assiettes étaient génétiquement modifiées dans les années à venir ?

"Fortuna" : voilà un nom que l'on risque d'entendre encore et encore dans les semaines à venir. Sous ce nom qui sent bon la Grèce antique se cache pourtant une drôle de menace, celle de la première pomme de terre OGM commercialisée en Europe. En tout cas, son inventeur va en faire la demande officielle à l'Union Européenne pour une commercialisation en 2014 ou 2015. 

La fortuna, c'est quoi ? C'est une pomme de terre dérivée de la fontane, une pomme de terre parfaite pour être débitée en frites, et dont les chercheurs du géant allemand de la chimie BASF ont modifié quelques gènes. Si la modification génétique porte parfois sur une "amélioration" du goût ou des mensurations du produit, il s'agit plutôt là de lui donner les moyens de résister au mildiou, une maladie de la pomme de terre qui détruit aujourd'hui encore jusqu'à 20% des récoltes mondiales (enfin ça, ce sont les chiffres de BASF).

Si la France est pour l'instant épargnée par les cultures OGM en plein champ (un moratoire sur la culture du maïs transgénique a été décrété en 2008), elle est néanmoins présente en Europe (en Espagne notamment) et aux Etats-Unis, qui concentraient près de la moitié des OGM cultivés dans le monde en 2008. Greenpeace, qui avait mené différentes campagnes contre ces modifications génétiques n'a d'ailleurs pas tardé à réagir en publiant un communiqué sur son site appelé "Frites ou pas, les OGM on n’en veut toujours pas !"

Le débat sur le sujet n'est sans doute pas près de s'arrêter…